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La langue des signes avec les mains et le coeur

Cinq adultes suivent cette semaine, au Centre social des Abeilles, un stage intensif animé par un sourd de naissance, Fabrice Monmarchon. Ici, on se parle avec les mains et aussi avec le coeur, car tous les stagiaires poursuivent un but bien précis : perfectionner leur apprentissage de la Langue des Signes Française, la LSF.

LSF, trois lettres dessinées avec les mains des stagaires et qui veulent dire beaucoup...

Durant cinq jours, à raison de six heures de cours par jour, Fabrice Monmarchon, animateur de l’URAPEDA (Union Régionale des Associations de Parents et Enfants Déficients Auditifs) va aider ses élèves à progresser dans leur apprentissage de la LSF, «une langue à part entière et qui a son alphabet». Leur professeur, sourd et muet, déploie des talents de pédagogue par le seul usage de ses mains et des expressions de son visage. Car il s’agit ici, dans le cadre de ce troisième niveau, d’aborder la construction de la phrase. «Celle-ci n’est pas du tout structurée comme la langue française», constate l’un des participants. «Lors des deux premiers stages, on apprend d’abord le vocabulaire et à s’exprimer par le mime». Au total, l’URAPEDA propose dix niveaux d’apprentissage et de perfectionnement de la LSF, une langue qui fut interdite d’emploi de 1880 à 1975. «On voulait forcer les enfants à parler et on leur attachait les mains dans le dos pour qu’ils ne puissent pas utiliser la langue des signes. Longtemps aussi, on les a pris pour des fous…». Et pourtant, que seraient aujourd’hui ces gens sans la parole des mains ? Le souci de l’association est d’ailleurs d’intégrer les malentendants au monde qui les entourent. L’un des stagiaires, animateur de Sport pour tous, a ainsi eu l’occasion d’accueillir un sourd dans son association, ce qui lui a donné envie « d’apprendre la LSF pour pouvoir ouvrir l’association à tous», aux entendants comme aux sourds. Lorsque l’on ne parle pas la même langue que les autres, c’est forcément difficile de se faire comprendre. Tous les stagiaires regrettaient ainsi qu’il y ait si peu d’interprètes dans les administrations. Leur présence est extrêmement rare.

Le témoignage d’un père

Comment d’ailleurs ne pas entendre le témoignage de ce père de famille, dont la troisième enfant, aujourd’hui âgée de trois ans, est sourde de naissance. «Nous nous sommes rendus compte de son handicap lorsqu’elle avait neuf mois. Nous avons aussitôt décidé d’apprendre la langue des signes pour communiquer avec elle. Mais il est vraiment dommage, qu’aujourd’hui encore, il y ait si peu d’efforts entrepris en faveur des malentendants. Dans le Finistère, il n’y a qu’un seul institut pour enfants sourds, à Brest, même s’il existe une classe d’intégration à Quimper. Sans l’URAPEDA, il n’y aurait jamais eu d’école. Il n’y a pas si longtemps, les seuls instituts ressemblaient encore à des prisons. Aujourd’hui, on essaye de sociabiliser ces enfants pour qu’ils puissent vivre dans notre monde à nous…». L’association nationale «Le mouvement des sourds de France» essaye d’ailleurs «de convaincre le gouvernement d’augmenter les formations, le nombre d’interprètes et de développer le sous-titrage». Des demandes formulées pour faciliter l’intégration des sourds et de leur famille dans un monde aujourd’hui axé sur la communication. Le prochain stage d’initiation à la LSF, organisé à Quimper par l’URAPEDA, aura lieu du 23 au 27 juillet. Pour tout renseignement, contacter l’URAPEDA, 19, rue Bruat, 29200 Brest ou tél. 02.98.80.61.69.

Source : http://www.letelegramme.com © 10 Avril 2001 à Quimper

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