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L’esclavage est tolérable, mais dûment taxé

La 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris a eu à juger du grave délit de 14 prévenus, d’origine russe et ukrainienne. Ces négriers des temps modernes, sourds-muets, employaient des personnes atteintes du même handicap, surtout des Roms (Tsiganes de Roumanie) ou des ressortissants de la défunte URSS pour mendier à la terrasse des cafés et dans le métro en proposant briquets ou porte-clefs. Ils devaient verser 150 F par jour à leurs employeurs et étaient astreints à des cadences de travail rappelant l’époque du stakhanovisme. Curieusement, la justice ne s’est préoccupée de ce trafic qu’à la suite d’une plainte déposée par l’Office des migrations internationales (OMI), s’estimant lésé. Ce dernier ne disait rien de l’exploitation dégradante des handicapés soumis au racket. Mais leurs patrons avaient commis une faute gravissime: ils ne versaient pas à l’OMI la redevance due en cas d’embauche de ressortissants n’appartenant pas à la Communauté européenne. C’est pour cela qu’ils sont jugés. On ne saurait trop louer le zèle des fonctionnaires de l’OMI, gardiens vigilants des deniers de l’Etat. Des deniers qui prouvent, une fois de plus, que l’argent n’a pas d’odeur

Source : http://www.marianne2.fr © 05 Février 2001 à Paris

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