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Des sourds muets peut-être exploités par une mafia

TOULOUSE : Venus d’Ukraine

Sous le coup d’une procédure de reconduite à la frontière, cinq sourds muets originaires d’Ukraine devraient quitter aujourd’hui le centre de rétention administrative de Toulouse. Pour leur avocat cette mesure est inutile tant que l’organisation qui les employait n’a pas été démasquée.

Qui empoche l’argent gagné dans les trains par les cinq sourds muets de Kharkov? La question posée lundi par Me Christian Etelin devant le juge délégué chargé de statuer sur la reconduite à la frontière d’un couple d’Ukrainiens âgé d’une trentaine d’années et de deux jeunes femmes et un jeune homme un peu plus jeunes, n’a toujours pas trouvé de réponse définitive. Tous sourds et muets, les cinq Ukrainiens sont arrivés jusqu’à Toulouse, au terme de multiples haltes chez des compatriotes habitants entre Paris et la Ville rose. Depuis quand ont-ils quitté l’Ukraine? Qui a organisé leur voyage? Difficile de le savoir car, parmi les cinq jeunes gens, un seul connaît le langage des signes international.
Interpellés à l’hôtel

Seule certitude les cinq Ukrainiens avaient élu domicile dans un hôtel au centre de Toulouse. C’est là qu’ils ont été interpellés, jeudi, par les services de police après qu’un de leurs compatriotes arrêté sans billet à Marmande (Lot-et- Garonne), dans un train qui se rendait à Bordeaux, ait indiqué l’adresse de l’hôtel aux policiers bordelais.

Privé de tout revenu, le quintet vivait de la vente de porte- clefs et de petits objets de pacotille dans les trains. « Ce n’est pas grand chose a souligné leur avocat, mais c’est toujours mieux que ce qu’ils auraient gagné s’ils étaient restés dans leur pays ». Mais, malgré leur handicap, les cinq Ukrainiens sont avant tout, aux yeux de la justice, des étrangers en situation irrégulière sur le territoire français.
Une organisation

Pour tenter de leur éviter une mesure d’expulsion, Me Christian Etelin a dénoncé les conditions de leur interpellation dans le cadre d’une affaire qui ne les concernait pas au départ. Mais le juge n’a pas donné suite aux arguments de l’avocat. Aujoud’hui, les cinq sourds muets devraient quitter le centre de rétention administrative pour embarquer dans un avion pour Paris. Ils seront ensuite présentés à l’ambassade d’Ukraine qui devrait leur remettre un laisser- passer leur permettant de rentrer, mais contre leur gré, dans leur pays.

L’affaire ne sera toutefois pas réglée pour autant car, explique leur avocat: « Les renseignements fournis aux autorités Françaises laissent penser que ces cinq jeunes gens dépendent d’une organisation qui organise leur travail, ramasse l’argent en leur laissant seulement de quoi vivre. A mon avis, ils dépendent d’une petite mafia organisée ».

Source : http://www.ladepeche.fr © 28 Juin 2000 à Toulouse

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