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Hauts de Seine Habitat

Un jardinier sourd-muet licencié : le service en grève

Le personnel du service municipal des espaces verts est en grève depuis hier. Ses membres défendent l’un des leurs, la mairie ayant annoncé son intention de se séparer de lui. Sébastien Baniel a été recruté voici environ deux ans, pour effectuer le remplacement d’un ouvrier en congé de longue maladie. Celui-ci est décédé quelque temps plus tard, mais, au fil de remplacements successifs, Sébastien est resté dans la place. « Aujourd’hui, tous les absents sont rentrés ou sur le point de le faire, et le service retrouve son effectif initial. J’ai donc fait savoir à l’intéressé que nous n’aurions plus besoin de ses services. J’ai un budget à gérer, et il n’est pas prévu d’augmenter l’effectif du service espaces verts » explique le maire, Jean Basset. Les agents du service, eux, ne l’entendent pas de cette oreille : après plusieurs contrats à durée déterminée, Sébastien Baniel travaille depuis plusieurs mois sans contrat. Le représentant de la CGT aux services techniques, Christophe Roger, estime que son collègue est, de fait, embauché pour une durée indéterminée, et réclame sa titularisation. Y a-t-il eu une erreur ou une omission, ou encore nécessité de limiter la reconduction des contrats à durée déterminée, en principe réglementée? Le maire ne nie pas la situation particulière de l’intéressé. «Il a un statut équivalent à celui d’un CDI, mais il travaille sur un poste qui n’existe pas, et nous tenons à maintenir constant l’effectif du service » indique-t-il encore. Là non plus, les salariés concernés ne sont pas d’accord. « Nous sommes en sous-effectif chronique » disent-ils. « La surface des espaces verts s’est beaucoup étendue sur la commune, mais nous sommes toujours le même nombre pour les entretenir». « Une partie des surfaces de pelouse à tondre a été confiée à des entreprises privées, et nous faisons aussi travailler des organismes sociaux. La charge de travail du service n’a pas augmenté » argumente de son côté le maire. Reste que, toujours selon les ouvriers du service, la réducation du temps de travail va créer des besoins. « Nous allons créer un demi-poste supplémentaire. Sébastien Baniel pourra postuler » indique Jean Basset. A-t-il des chances d’être recruté? Ses collègues en doutent. Car Sébastien est sourd-muet. Et sans que cet argument ait jamais été avancé, ses amis estiment que son handicap n’est pas étranger au refus par la ville de l’intégrer dans les services. Même si, assurent-ils, son travail donne toute satisfaction. « La preuve : on l’a gardé depuis deux ans! » « Il faut bien que les handicapés puissent travailler, comme les autres » dit au contraire le maire. Pour l’instant, la notification du licenciement s’est faite de manière purement orale, il y a une quinzaine de jours (le jardinier comprend ce qu’on lui dit à vitesse réduite). Il n’y a eu ni courrier, ni entretien préalable, et la date elle-même de la séparation reste floue. « En mai ou juin » indique le maire. Les collègues du jardinier, hier, restaient mobilisés et envisageaient de reconduire leur mouvement de grève.

Source : http://www.letelegramme.com © 10 Mai 2000 à ???

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