Centre Jacques-Cartier : vibrations à fleur de peau

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Mercredi après-midi, au centre Jacques-Cartier, une rencontre inédite et des plus percutantes a eu lieu entre l’association Djabutu Binghi et des jeunes sourds et malentendants. Les percussionnistes d’un côté, le monde du silence de l’autre, pour une approche très particulière de la musique. Une journée enrichissante pour les élèves comme pour les animateurs. « Attention aux ampoules ! » Les vibrations musicales ont été traduites par le contact tactile, peaux (mains) contre peaux (percussions). Outre un moyen d’expression, de communication, cette rencontre a permis aux jeunes de s’intégrer dans le monde sonore de la musique. L’association Djabutu, déjà venue au centre (présentation, découverte des percussions), a proposé cet apprentissage en échange du prêt de locaux pour diverses répétitons. Steve (« chef d’orchestre »), « Doudou » et Julien ont animé cette journée, encadrée par Nathalie Bouvet (professeur à Jacques-Cartier). La demande accrue pour ce « stage » démontre la curiosité et une envie de découverte du monde extérieur de la part des jeunes sourds. L’aspect pédagogique s’est révélé primordial et Steve a mis en place des techniques, d’onomatopées et de gestuelles, basées sur le regard. « Quand on joue sur un djembé tout seul, on ne regarde personne, ici c’est différent ». L’émission des fréquences (vibration) passe aussi par le visuel, ce qui exige beaucoup de concentration. Le « boum » frappé au centre correspond au rythme de base, les frappes intercalées sont jouées sur le bord des percus. Ceci permet la mémorisation gestuelle. En cas de décalage, les néophytes (tout de même impressionnants) ont su se repérer sur les autres et prendre le rythme. La basse (le « boum ») sert de métronome, essentiel « pour jouer tous ensemble ». Le silence musical a semblé le plus dur à maîtriser. Steve l’a mimé par une sorte de grande respiration entre « deux notes ». La musique devient une thérapie, qui « permet à tous de s’exprimer et à chacun de trouver sa place », précise Nathalie, qui souhaite établir une correspondance avec le Mali (écoles de percussions). A la fin de la journée, les jeunes ont mis en valeur leurs acquis devant d’autres camarades et ont conclu par un défoulement rythmique général. Steve accentue l’approche visuelle pour un jeu collectif.

Source : http://www.letelegramme.com © 08 Mai 1999 à Saint-Brieuc

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