La main des sourds

Une retoucheuse meurt dans l’incendie d’un magasin

Un violent incendie s’est déclaré dans un magasin de tissu de la rue de Rémusat, hier en début d’après midi à Toulouse. Une retoucheuse âgée de 55 ans a péri asphyxié.

Lundi, 13h15. Un courtcircuit, vraisemblablement, survient dans le magasin Rideau Décor, situé rue de Rémusat au centre de Toulouse. Immédiatement, les flammes et la fumée envahissent le commerce.

Renée Dauzat, une employée sourde et muette, âgée de 55 ans, est aux toilettes. Elle n’entend pas les cris de ses collègues. Elle ne les voit pas se précipiter à l’extérieur. Quand elle ressort, elle est coincée. Le feu se propage à toute vitesse, atteignant jusqu’aux étages, l’immeuble de derrière. Les pompiers ont beau arriver rapidement, ils ne pourront empêcher la destruction du magasin et de trois appartements mitoyens, ni la mort par asphyxie de Renée Dauzat Une quarantaine de pompiers parviennent heureusement à évacuer des résidents de l’immeuble. Vers 15h30, le feu est maîtrisé.

Sur place, les secours ont déployé d’importants moyens, notamment deux grandes échelles (qui ont permis de sauver deux jeunes filles) et trois fourgons incendie. Munis de caméras thermiques, les hommes du feu surveilleront jusque dans la soirée la structure de l’immeuble afin de prévenir tout nouveau départ de feu.

«Immédiatement, des flammes»

Chez les commerçants de la rue de Rémusat, c’est l’accablement. Le décès de Renée Dauzat a jeté la consternation : «Je connaissais cette employée de vue, confie Maguy Bec, responsable du magasin de musique Baron, mais comme elle était muette, il était difficile de communiquer. J’ai été émue en apprenant que cette femme était morte ainsi. Elle n’a pas entendu alors que les autres employés ont pu sortir… Elle se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. C’est tragique. Tout le quartier est touché.

Entre commerçants, nous sommes solidaires les uns des autres». Comme ses collègues, cette commerçante avoue avoir eu très peur : «Il y a eu un bruit terrible, l’explosion d’un spot semble-t-il, puis immédiatement, des flammes. J’ai pensé à tout ce qui peut brûler facilement chez nous».

A Quiksilver, magasin de vêtements, Jean-Paul et Magali ont accueilli le personnel de Rideau Décor lors du drame. «Ils sont tous venus se réfugier dans le magasin, explique Magali.

On leur a donné à boire et de quoi se réchauffer. C’est bien le minimum qu’on pouvait faire.

Ce décès nous choque, même si on ne connaissait pas la victime. On se dit que cela aurait pu nous arriver».

«Absurde»

Arlette, la bijoutière de Folie’s, raconte elle aussi ce qu’elle a vu, profondément choquée par la mort de cette employée.

«J’ai vu les flammes, les gens au balcon. Et j’ai eu très peur que le feu se propage. J’étais prête à fermer et à partir… Tout cela est tellement absurde.» Renée Dauzat était originaire de Gargas près de Fronton où elle vivait avec son mari, employé à la mairie de Toulouse.

Source https://www.ladepeche.fr - 2 Février 1999 à Toulouse

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