Carmela était privée de soins

LORSQUE samedi matin, vers 8 h 30, les pompiers sont arrivés dans l´appartement de la résidence de l´Opac située allée des Erables, à Saint-Maurice, ce fut la stupeur : Carmela, 69 ans, sourde et muette, mourait à petit feu, faute de soins ! Elle décédera d´ailleurs durant son transport à l´hôpital. Là, à 500 mètres de l´hôpital Esquirol, son compagnon avait condamné Carmela Baldachino à rester alitée. Depuis près de trois ans. Depuis, semble-t-il, qu´elle s´était fracturé une jambe. Samedi, les pompiers ont découvert une femme criblée de profondes escarres, de plaies nécrosées, à l´hygiène inexistante et vivant dans une chambre devenue totalement insalubre. Au début, semble-t-il, l´ancien cantonnier « promenait » Carmela dans une chaise roulante à travers l´appartement. Mais très vite, la vieille dame n´est plus sortie de son lit. La dégradation de sa santé n´a pas semblé inquiéter François qui s´est contenté de lui donner à manger. Jamais non plus il n´a alerté la famille, qui vit en province et venait la voir une fois par an, sans, apparemment, s´apercevoir que l´état de santé de Carmela se dégradait faute de soins. Ce serait donc dans une sorte d´indifférence générale que la vieille dame serait décédée. Les voisins, eux, n´ont pu que constater que depuis dix ans Carmela ne sortait que rarement de l´appartement, et plus du tout depuis trois ou quatre ans. Hier soir, François devait être présenté au parquet qui devait ouvrir une information judiciaire pour « délaissement de personne ayant provoqué la mort ». Ce matin, le corps de Carmela doit être autopsié par l´institut médico-légal de Paris.
Source : http://www.leparisien.fr © 3 Aout 1998 à Paris

 

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