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Non-lieu pour les crimes de Plouëc-du-Trieux et Trégonneau

Les auteurs étaient atteints de troubles psychiques Le juge d’instruction de Guingamp, Valérie Picot-Postic, a rendu deux ordonnances de non-lieu dans les affaires criminelles de Plouëc-du-Trieux et de Trégonneau. Dans le premier dossier, un agriculteur en retraite avait, le 9 juillet 1997, tué son épouse en lui assénant des coups de marteau. A Trégonneau, c’est un homme de 46 ans qui avait porté des coups mortels à sa mère octogénaire le 11 février 1998. Atteints de troubles psychiques au moment des faits, les deux hommes ont été déclarés pénalement irresponsables. Ces deux drames familiaux, qui avaient défrayé la chronique dans la région de Guingamp à sept mois d’intervalle, viennent de s’achever par des ordonnances de non-lieu prononcées par le juge d’instruction de Guingamp. Le magistrat, confortée par les expertises psychiatriques, a estimé que l’état mental des deux hommes au moment des faits conduisait à leur irresponsabilité pénale. La première affaire s’était déroulée, le 9 juillet 1997, dans une ferme du hameau de « Mez-noz », à Plouëc-du-Trieux. C’est un voisin qui avait alerté les pompiers, en leur expliquant que Jules Le Corre, 73 ans, venait de tenter de mettre fin à ses jours en se jetant d’un poteau télégraphique. En arrivant sur les lieux, les pompiers avaient découvert l’agriculteur en retraite allongé au pied du poteau, après une chûte de sept mètres. Toujours en vie, il avait été conduit au centre hospitalier de la Beauchée, à Saint-Brieuc. Tuée à coups de marteau sur le crâne Dans la cuisine de la ferme, ils avaient ensuite trouvé le corps de son épouse, Yvonne Le Corre, 75 ans, née Barguedan, gisant dans une mare de sang. Cette dernière était décédée rapidement, sans avoir pu être réanimée. L’autopsie, ordonnée par le parquet de Guingamp, avait révélé la présence de 11 impacts de coups de marteau sur le crâne de la victime, ne laissant aucun doute sur les causes du décès. La mésentante des époux Le Corre était vite apparue à l’origine de ce drame passionnel. Le couple était d’ailleurs en instance de divorce. Souffrant de plusieurs fractures, Jules Le Corre avait été longtemps hospitalisé avant de pouvoir être entendu, le 22 septembre, par le juge d’instruction. Expliquant dans un premier temps ne pas se souvenir des faits, il avait fini par reconnaître avoir porté un coup de marteau à son épouse. Placé en détention provisoire le même jour sur réquisition du parquet, Jules Le Corre a été examiné par un collège d’experts psychiatriques. Ces dernier ont conclu à une paranoia occultant toute logique de réalité, et annihiliant tout dicernement et contrôle des actes. C’est en tenant compte de ces éléments que le juge d’instruction a rendu, hier, son ordonnance de non-lieu. Parallèlement, le magistrat a saisi le préfet, qui devrait ordonner une hospitalisation d’office en milieu psychiatrique. Sourd-muet et dangereux Dans l’affaire de Trégonneau, le juge d’instruction a déjà ordonné, depuis le 13 février 1998, le placement de Jean-Yves André, 46 ans, au centre hospitalier spécialisé de Bégard. Ici encore, les experts ont conclu à l’irresponsabilité pénale de cet homme sourd-muet, reconnu adulte handicapé de naissance à 80 %. Ils ont, notamment, considéré que Jean-Yves André était dément le 11 février 1998, lorsqu’il avait porté des coups de pieds sur la tête de sa mère, Yvonne André, née Morice et âgée de 82 ans, suite à une altercation survenue dans la ferme située au lieu-dit « Pen Allée », à Trégonneau, où ce fils unique vivait avec ses parents retraités. L’enquête avait aussi démontré que Jean-Yves André avait agi sous l’emprise de l’alcool. Un second rapport d’expert a souligné la dangerosité de Jean-Yves André, dont le handicap n’a pas permis qu’il soit entendu. Présenté devant le juge d’instruction le 12 février 1998, il avait aussitôt été écroué. L’ordonnance de non-lieu est datée du 29 juillet dernier. Dans les deux dossiers, il n’existe aucune constitution de parties civiles. Enfin, le parquet a décidé de ne pas faire appel de ces décisions.

Source : http://www.letelegramme.com © 1 Aout 1998 à Guingamp

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