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Porte-parole des revendications des sourds-muets Emmanuelle Laborit est née sourde

Porte-parole des revendications des sourds-muets Emmanuelle Laborit est née sourde. Ce handicap ne l’a pas empêchée d’entamer une brillante carrière de comédienne en décrochant le rôle principal dans l’adaptation théâtrale du film Les Enfants du silence, interprété à l’écran par Marlee Matlin et William Hurt. Emmanuelle Laborit n’a été autorisée à apprendre le langage des signes qu’à l’âge de 7 ans. Les médecins conservaient l’espoir de l’intégrer dans le monde des entendants. Dès lors, ils lui interdisaient d’apprendre le langage des signes, qui risquait de la confiner dans ce qu’ils considéraient comme une tare. Avec le langage des signes, Emmanuelle s’ouvrait au monde extérieur. Finies, les conversations mimées que ne comprenait que sa mère. Au Centre culturel des sourds, à Vincennes, Emmanuelle découvre non seulement le code signé, mais aussi la culture «sourd», notamment par le biais des pièces montées avec des malentendants. Puis ce fut la galère des études. Il n’est guère aisé de passer son bac quand on est frappée de surdité. Quant à l’univ, n’en parlons pas… Emmanuelle passe le bac mais fait l’impasse sur la fac. Ce n’est pas sa voie, bien qu’elle aime le défi. Son pari, c’est de se faire un nom sur les planches. Elle y réussit rapidement: elle décroche un Molière, celui de la révélation théâtrale de ’92. Depuis, Emmanuelle Laborit est devenue le porte-parole des revendications des sourds-muets. Elle est celle qui a vaincu les obstacles et qui a trouvé le bonheur sur la scène comme aux côtés de Jean Dalric, fondateur de la Compagnie Hermès, qui rassemble sourds et entendants. Le handicap, ce n’est pas ce que l’on croit, affirme Emmanuelle: «Etre malentendante, pour moi, c’est une nationalité». Au-delà du silence, le sourd développe une culture propre, porteuse de valeurs que l’on soupçonne difficilement dans le monde des entendants. Mais il est aussi victime de cloisonnements, notamment à cause de l’absence de sous-titrages sur les bandes de nombreux films. Emmanuelle Laborit est la fille d’Henri Laborit, une des sommités françaises dans le domaine de la médecine. Il a notamment introduit l’hibernation artificielle en thérapeutique et mis au point le premier tranquilisant. Mon oncle d’Amérique, le film d’Alain Resnais, s’inspirait de ses travaux. Henri Laborit y jouait son propre rôle.

Source : http://www.sudpresse.be © 10 Mars 1994

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