L’Institut des jeunes sourds du Faso (IJSF) basé à
Bobo-Dioulasso, la Maison Saint Phillipe et l’ONG Auteuil
International elles siégeant en France entretiennent depuis
2002, un projet de formation en matière de productions
horticoles et d’aménagement de l’espace au profit des élèves
de l’institut.
Le deuxième chantier dénommé « Solidarité
2005 » organisé à cet effet, a été clôturé vendredi 15
juillet à l’IJSF au secteur 6 de Bobo-Dioulasso en présence
du haut-commissaire de la province du Houet, de la
délégation française et de nombreux invités.
L’Institut des jeunes sourds du Faso et la
Maison Saint Phillipe en France (qui relève en fait de l’ONG
Auteuil international) ont tissé un bel exemple de
solidarité à travers la mise en œuvre de ce projet
horticole. A travers ce partenariat, les jeunes français de
la Maison Saint Phillipe (une structure spécialisée dans la
formation des jeunes en horticulture) transmettent leur
savoir-faire dans le domaine à leurs amis de l’Institut des
jeunes sourds du Faso. En 2002, les Français ont apporté
dans le cadre de cette expérience du matériel et des
équipements divers évalués à 7500£ . Cette grande occasion
de partage de valeurs culturelles et de solidarité pose les
jalons d’un partenariat à long terme.
Pendant ce mois de juillet 2005, douze
jeunes Français assistés d’encadreurs sont encore aux côtés
de leurs amis de l’IJSF dans le cadre du deuxième chantier
dénommé « Solidarité 2005 ». Ils apportent avec eux, deux
débroussailleuses, qui ont l’avantage d’avoir plusieurs
fonctions. « La solidarité ne se tisse pas en aller simple
de la navette sur le métier mais si l’on veut obtenir une
belle étoffe, cela nécessite un travail long et méticuleux »
a indiqué Jean François Thoorens représentant la Maison
Saint Phillipe.
La mise en œuvre de chantier a confié le
directeur de l’IJSF, M. Salam Ouédraogo relève du projet de
société de sa structure en faveur des jeunes sourds auxquels
il a la charge de la formation. En effet, l’IJSF qui a vu le
jour en 1987 entend faire des jeunes déficients auditifs des
personnes à part entière dans la société. Il projette de les
inscrire dans une dynamique de réussite, de victoire contre
l’adversité pour construire un avenir identique à celui des
bien entendants.
En plus de l’éducation dispensée dans cette
structure, le volet formation professionnelle n’a pas été
occulté. Le projet horticulture à l’instar de la ferme
avicole et du jardin potager à Farakoba participent de cela.
D’autres activités sont en examen. Ils donneront à cette
frange sociale, les chances de réinsertion
socioprofessionnelle. Au-delà de ces activités de formation
et d’apprentissage, a précisé le directeur de l’IJSF, il
faut voir aussi le souhait de cet établissement d’aboutir à
une autonomie financière.
Les projets cités plus haut constituent à
terme, une source de revenus, prémices à cette autonomie.
M. Salam Ouédraogo a saisi l’occasion de la cérémonie de fin
de chantier pour évoquer devant les parents d’élèves et les
partenaires les difficultés de son centre. Elles ont pour
noms : insuffisance de ressources financières, manque
d’enseignants, d’éducateurs, du personnel médical et
paramédical et insuffisance dl’insertion des élèves issus de
l’IJSF dans la vie active.
Alors que l’expérience a montré que pour peu
que la société leur accorde un peu d’attention, ils peuvent
bien réussir leur épanouissement. Leurs capacités sont là
pour le prouver. A titre d’exemple au CEP 2005, sur 11
candidats présentés, 6 ont réussi leur examen soit 56%. Dans
un autre domaine à savoir le culturel, les élèves de
l’institut ont occupé le deuxième rang en danse et en ballet
dans un concours culturel organisé par l’Académie.
L’IJSF a tenu à traduire sa gratitude et sa
reconnaissance aux amis et partenaires qui depuis des années
l’accompagnent dans sa tâche. Il a saisi l’occasion de cette
fin de chantier pour leur remettre des attestations. Parmi
eux, on peut citer la Maison Saint Phillipe, le
haut-commissaire de la province du Houet, Jean Baptiste
Zongo et le parrain de ce chantier « solidarité 2005 », le
directeur régional des douanes qui a reçu deux distinctions,
une pour lui et l’autre pour la direction régionale des
douanes.