Les entendants apprennent la langue des signes

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Qui n’a pas croisé une personne malentendante un jour et s’est retrouvé dans l’incapacité d’échanger ?

Pour permettre à tous de communiquer, Alexandre Bourgoin, lui-même malentendant depuis l’âge de 9 mois, donne des cours de langue des signes depuis quatre ans au Carroi« Pour moi, c’est très important de transmettre », met en avant le formateur.

Cariste pendant dix ans, c’est à 30 ans qu’il décide de se réorienter et il passe un diplôme d’enseignant de langue des signes. Depuis, son emploi du temps ne cesse de se remplir. « Je travaille avec les scolaires et du lundi au jeudi, j’enseigne au Carroi ».

«  Plus de malentendants qu’on ne le croit»  

On le sent passionné par son métier. « Je prépare tout moi-même en mélangeant différentes méthodes pour m’adapter à mon public. On commence par la politesse puis l’alphabet et pour finir le vocabulaire. Je travaille beaucoup sur les expressions du visage. » Sa quarantaine d’élèves est répartie en quatre niveaux.

Ce mercredi soir d’octobre, le ton était donné avec l’arrivée des huit élèves confirmés. Le bonjour à leur professeur est en langue des signes puis ils s’installent, ardoise en main, pour décrypter le vocabulaire signé proposé par Alexandre. L’ambiance est conviviale. « J’ai beaucoup d’humour. Il ne faut pas oublier qu’on est aussi là pour s’amuser ».

Chacun vient avec ses propres motivations. « Ma petite-fille est née sourde. Dès que les cours ont été mis en place, j’ai adhéré. Elle a maintenant 13 ans et est fière de moi », explique Claudette.

Pour Daniel, connaître la langue des signes est une évidence : « Il y a plus de personnes malentendantes qu’on ne croit, constate-t-il. J’ai eu l’occasion d’en rencontrer et je suis resté frustré de ne pouvoir communiquer. J’ai alors commencé l’apprentissage au Mans et depuis que je suis enseignant à La Flèche, j’ai repris au Carroi. »

« Ça peut toujours servir »

Enseignants, grands parents, accompagnants de personnes handicapés sont les principaux intéressés.

Mais aussi des personnes tout simplement curieuses avec l’envie d’apprendre, comme Cyrielle qui vient de Sablé. « La langue des signes m’a toujours attirée depuis que je suis au collège. Je travaille maintenant dans le milieu médical et me dis que ça peut toujours servir. »

Le public est vaste. « Ça va de 17 à 85 ans », remarque Alexandre. L’objectif commun ? Rompre les barrières pour ainsi, pouvoir communiquer avec tout le monde.

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