Ils apprennent la langue des signes

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Sept élèves pour un professeur. C’est en petit comité que se tient le cours de langue des signes, tous les jeudis soir, au lycée Saint-Michel. Pendant trois mois, les élèves de ces cours réservés aux adultes, vont apprendre les bases en langue des signes française. Jeudi, c’était place aux formes.

 On a déjà appris l’alphabet et à se présenter , raconte une élève. Avec ses camarades, elle est encadrée par Vincent Veugeois, formateur de langue des signes à l’association Les mains qui parlent 53 et sourd de naissance.

Pour lui  il faut que des entendants comprennent la culture sourde et qu’ils peuvent apprendre la langue des signes française pour s’améliorer sur la communication .

En France, un manque d’accessibilité

En Mayenne, Vincent Veugeois est le premier formateur diplômé. Depuis 2013, il enseigne à des élèves de tous les âges, parfois à Laval, parfois à Fougères (Ille-et-Vilaine), ou encore à Évran (Côtes-d’Armor) ou bien à Mayenne. Ici, pendant le cours, un élève se dresse devant la classe. Il parle la langue des signes, et les autres doivent écrire la réponse sur leur tableau.

C’est après des études en architecture que le formateur s’est tourné vers l’apprentissage de la langue des signes.  Le lycée ne m’a pas beaucoup plu à cause des traducteurs peu présents , sans oublier qu’en France,  il y a un manque d’accessibilité, que ce soit pour les sous-titres dans le cinéma, les interprètes pour les classes bilingues… .

« Je défends une idée de la culture accessible à tous »

Alicia a d’ailleurs décidé d’apprendre la langue des signes pour faire face à ce manque d’accessibilité.  Je viens de terminer mes études en médiation culturelle. J’ai fait un stage en musée et personne ne savait parler la langue des signes ! Je défends une idée de la culture accessible à tous.  Vivant à Château-Gontier, cela faisait longtemps qu’elle cherchait des cours  mais il n’y avait rien .

La mise en place des cours ne se serait pas faite sans l’initiative d’Audrey, élève également.  J’utilisais déjà la langue des signes avec mon premier fils quand il était bébé et qu’il ne savait pas encore parler. Puis, ma deuxième fille est née sourde. Alors, je me suis tournée vers le lycée Schuman et j’ai demandé s’il était possible de mettre en place ces cours .

Et Vanessa en a saisi l’opportunité.  Ma dernière fille a un syndrome qui ne lui permet pas encore de parler.  Avec la langue des signes tous ces élèves peuvent étendre leurs possibilités de communication et aussi, et surtout, briser certaines frontières.

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