Chamboul’tout, une crèche à l’écoute des sourds

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L’initiative

La crèche Chamboul’tout, ouverte depuis 2005, accueille dix-huit enfants. Depuis sa création, la crèche et halte-garderie parentale utilise la langue des signes pour échanger avec les enfants.

Aujourd’hui, le personnel est formé à la Langue des signes française (LSF). Chamboul’tout accueille des enfants sourds et compte, dans son équipe, une animatrice sourde : Julie Guinet. « J’ai rencontré beaucoup de problèmes du fait de ma surdité. Durant longtemps, je n’ai pas travaillé pour cette raison, raconte-elle en LSF, interprétée par Angèle Beaulieu, de l’Union régionale des associations de parents d’enfants déficients auditifs (Urapeda). Je suis arrivée par hasard à ce poste. J’avais peur au départ, mais j’ai vu le regard très bienveillant de mes collègues. C’est très positif. »

Les parents peuvent y apprendre la langue

Chacun est incité à s’emparer de la LSF. Pour les parents, des ateliers d’initiation financés par la Caisse d’allocations familiales (CAF) sont proposés par l’association Visuel LSF Bretagne. La prochaine session est programmée en novembre et décembre.

Pour la directrice de Chamboul’tout, Karine Caiveau, l’initiation et la formation des parents et du personnel est une richesse. « C’était au départ une découverte totale. Les sourds sont différents. Ils ont leur culture. Mais aujourd’hui, on peut parler les uns avec les autres. »

Des changements d’habitudes qui facilitent le quotidien. « On ne communique plus pareil. On raccourcit nos phrases. La LSF nous oblige aussi à nous regarder lorsqu’on échange. »

En complément, des aménagements légers ont été réalisés. Des miroirs et des alarmes visuelles ont été installés pour faciliter l’intégration des personnes sourdes.

Car le défi est là. C’est le constat de Yann Jondot, ambassadeur de l’accessibilité, nommé par le gouvernement. « C’est ce qu’on appelle l’inclusion, explique-t-il. Des personnes ont été incluses dans la crèche Chamboul’tout. Leur langue devient une identité de la structure. C’est important parce que ça donne de la valeur ajoutée à ce handicap. »

L’ambassadeur souhaite que l’expérience de la crèche serve d’exemple dans la commune, mais aussi ailleurs. C’est déjà bien parti, puisque la contagion a gagné l’école maternelle publique où les enfants ont importé les signes qu’ils utilisaient à la crèche.

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