Clémence sort de sa bulle en dessinant des BD

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Dans le jardin de ses parents, cet été à Caen, ou chez elle à Paris, Clémence Dupont développe ses projets de bande dessinée. En plus de frapper à la porte des éditeurs, elle va vivre avec des lycéens de Victor-Lépine, une première expérience d’intervenante en milieu scolaire, malgré son handicap.

Née sourde, Clémence Dupont a toujours voulu devenir dessinatrice de bande dessinée. Après avoir publié son premier album, elle s’apprête à collaborer avec des lycéens caennais.

1992 : naissance à Lyon (69).

2017 : diplômée de l’école Jean-Trubert (Paris).

2019 : premier album édité et intervenante BD au lycée Victor-Lépine (Caen).

À l’école, quand on lui demandait ce qu’elle voulait faire plus tard, sa réponse, toujours la même, ne se faisait pas attendre : « Dessinatrice de BD ! » A 26 ans, Clémence Dupont ne vit pas encore de son art mais, avec la parution de L’Odyssée du Stoy Hora, elle a posé son nom pour la première fois sur la couverture d’un album.

Elle espère désormais que ses projets sauront convaincre un éditeur, en particulier son Ghost soldier développé avec un ami scénariste, à la frontière du fantastique et de l’histoire de la Première Guerre mondiale.

Projet consacréà Catherine Dior

Dans quelques jours, elle entamera aussi une collaboration avec des lycéens de Victor-Lépine autour d’un projet consacré à Catherine Dior, la sœur du grand couturier, résistante et survivante des camps nazis. « On va partir de leurs recherches et réfléchir ensemble au scénario, au story-board puis à toutes les étapes de l’élaboration des quatre planches de BD qui sont notre objectif final », explique la jeune femme avec l’aide de sa mère, qui maîtrise la langue des signes. Clémence est, en effet, née sourde, diagnostiquée à 10 mois, appareillée à 1 an. Un handicap qui ne l’a pas empêchée d’atteindre son objectif, quitte à surmonter quelques obstacles tout au long de son cursus scolaire.

En inclusion à l’école grâce au codage manuel LPC (Langue française parlée complétée) qui permet de rendre la langue entièrement accessible aux personnes sourdes, elle se passionne de façon très précoce pour le dessin. « C’est vrai depuis la maternelle, dès qu’il y a eu de la peinture ou des crayons ! » se souviennent ses parents. Les aptitudes sont là aussi, la petite fille dessinant des choses étonnantes pour son âge. « C’était par exemple pris dans les dessins animés, comme les personnages ou les décors de Tom et Jerry, à l’âge de 5 ou 6 ans, puis des monstres et des dragons, souvent représentés dans des activités humaines », précisent-ils. Plus qu’une passion, le dessin devient aussi pour Clémence un moyen d’expression alternatif, dans un contexte d’isolement. Elle est souvent seule dans son coin, à dessiner ou à lire des BD. « Au collège, le dessin a compensé la solitude et les difficultés d’intégration », poursuit sa mère. À l’Institut national des jeunes sourds, à Paris, elle s’épanouit ensuite davantage et commence à se professionnaliser. Première étape avec un bac pro industrie et production graphique, puis un diplôme d’infographiste en 2015 avant de rejoindre l’école supérieure d’arts graphiques Jean-Trubert, où elle touche au cinéma d’animation et sort définitivement de sa bulle pour réaliser son rêve d’enfant : devenir dessinatrice de BD.

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