La langue des signes expliquée aux familles à la Maison des habitants

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Fascinée par la langue des signes dès son plus jeune âge, Coline Angély Rigolet cherche à encourager l’intégration des sourds dans les structures. À la Maison des habitants d’Arnage, vendredi 23 août 2019, les familles sont venues nombreuses.

Coline Angély Rigolet, animatrice à la Maison des habitants cet été, a eu l’idée de proposer une initiation à la langue des signes aux différents publics de la structure. Si les ados ont moyennement adhéré au concept, les familles en revanche ont été emballées.

« Je voulais découvrir »

Des sessions ont été mises en place. Coline a tout d’abord révélé aux participants son attirance pour cette langue, aussi complète et complexe qu’une langue parlée : « Depuis toute petite, je suis obnubilée par les gestes vus lors de conférences ou traductions d’infos à la télé. Je voulais découvrir ».

Dès le lycée, elle prend des cours collectifs donnés par un sourd à Tours. La LSF (langue signée française) est son option au bac, elle enchaîne avec des cours en association grâce au soutien financier de sa maman, car « c’est un budget important ».

Coline prend conscience de la difficulté à être malentendant : « J’étais révoltée de voir que c’est toujours aux sourds de s’adapter à la société entendante, jamais l’inverse. J’ai résolu d’en faire mon métier et choisi mon lycée en fonction de ça ».

Un obstacle inattendu

Mais sa résolution à devenir professeur de LSF va se confronter bien vite à une difficulté qu’elle n’avait pas anticipée : « C’était idyllique, passionné, je voulais enseigner mais j’ai été ramenée à la réalité par les sourds eux-mêmes. Ils m’ont dit : Tu n’es pas sourde tu ne peux pas, ça ne marche pas, seuls les coda (enfants de parents sourds, NDLR) le peuvent ».

Alors Coline a fait évoluer son projet : « Je peux faire interprète ou interface et avec DUT animation, je peux allier les deux. En décembre, je vais diriger un stage BAFA option LSF avec Familles rurales et transmettre un peu de mon savoir en la matière à de futurs animateurs, afin qu’ils puissent s’adapter à un enfant sourd via du visuel, du mime… J’ai envie de favoriser l’inclusion d’enfants sourds dans les structures. »

Certains élèves en veulent plus

Les familles ont répondu en nombre à la démarche de l’animatrice qui énumère : « Nous avons abordé l’apprentissage des nombres, des lettres, des prénoms, des animaux, et du vocabulaire utile au quotidien. Nous avons fait de petites vidéos pour que chacun puisse se remémorer les signes appris. »

Certaines veulent en apprendre plus encore sur ce langage. Knar, 34 ans, est de ceux-là : « Cette initiation nous ouvre à un autre monde, celui du silence. C’est une chance de comprendre cette langue très expressive, ou la position des doigts, du corps, l’expression du visage aussi sont importants. On espère tous pouvoir en apprendre plus l’été prochain, si Coline revient. »

Élizabeth, linguiste qui parle déjà quatre langues, est elle aussi très intéressée par la LSF : « C’est fascinant, j’ai envie d’approfondir l’initiation par une formation si possible, car je suis curieuse. Avec Internet, c’est plus facile, on peut s’entraîner, et puis ça fait travailler les mains, c’est une bonne gymnastique. »

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