Le code de la route, difficile apprentissage pour les sourds

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Un peu moins de dix personnes, de 20 ans à la quarantaine, suivent les cours de l’Association pour la surdité afin de faciliter leur passage du code de la route

Les personnes sourdes ont beaucoup de difficultés à passer leur code de la route. L’Association pour la surdité dispense des cours afin de faciliter la compréhension d’un vocabulaire parfois complexe pour eux.
Chaque jeudi à 16 h 30, l’Association pour la surdité, APS, accompagne un groupe de personnes sourdes dans l’apprentissage du code de la route. La semaine dernière, pour leur deuxième séance, certains étaient en avance, impatients et motivés. Dont Christophe, 29 ans. Il a déjà suivi des cours avec l’aide d’une dame, partie à la retraite avant qu’il ne puisse passer l’examen. « J’ai été bloqué et je n’ai pas pu continuer. Pourtant j’ai vraiment besoin du permis de conduire pour aller au travail, pour me déplacer ! J’ai hâte de l’obtenir », explique-t-il en langue des signes.

L’association a tout d’abord essayé de mettre à disposition un interprète dans les auto-écoles, mais les personnes sourdes continuaient d’être en situation d’échec. En effet, il ne suffit pas de traduire, leurs difficultés reposent essentiellement sur un problème de compréhension de certains termes. « La langue des signes est une langue à part entière. Le vocabulaire du code de la route est très spécifique et donc difficile à comprendre pour les personnes sourdes. Comme, par exemple, les mots agglomération, dépassement… Afin de mieux les assimiler, nous utilisons des supports visuels », explique Lauriane Lombart, la coordinatrice de l’APS. La formation consiste en effet à mettre en place un lexique imagé pour reprendre avec eux le vocabulaire important.

Demi-tour mal compris

Cette initiative se fait en partenariat avec l’auto-école Dynamic, implantée à Dumbéa et à Nouméa. Elle propose un outil pédagogique visuel, « le pack-web », adapté aux sourds. « Il y a des vidéos mais aussi des leçons écrites, très imagées », décrit Lauriane Lombart. Aline Lebrun, interface de communication, dispense les cours en respectant l’ordre des thèmes abordés par le pack-web. Elle relève le vocabulaire qui peut poser un problème de compréhension et cherche ensuite comment l’illustrer. Les « élèves » vont devoir associer le terme compliqué à l’image adaptée.

Alice Lebrun donne un exemple : « Je me suis rendu compte qu’ils n’avaient pas compris ce qu’est un demi-tour, employé lorsqu’il s’agit de faire le tour complet d’un rond-point. Pour eux, faire demi-tour signifie faire la moitié du tour du rond-point et prendre la sortie en face ». Elle illustre cette notion avec le trajet fléché d’une voiture. Elle prépare aussi des vidéos avec la traduction en langue des signes des mots étudiés.

Avant que cette formation leur soit proposée, les personnes sourdes n’avaient droit qu’à un interprète le jour de l’examen du code de la route et n’étaient pas limitées par le temps pour répondre aux questions. Aujourd’hui, elles suivent douze cours avec l’association, qu’elles accompagnent d’un travail personnel assidu grâce au pack-web. Elles iront ensuite s’entraîner à l’auto-école Dynamic et passeront deux examens blancs avant le jour J : le passage du code de la route.

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