Quand c’est prêt, fais-moi signe

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À Namur, Cookids et le collectif Recherche et expression organisent une semaine de stage. Au menu: cuisine et langage des signes.

Avenue Vauban, 28, à la citadelle de Namur. C’est dans l’une des 3 implantations de la Bastide que l’équipe de Cookids a pris ses quartiers en août. Un stage de cuisine saine et équilibrée, à l’intention des 6-12 ans, figure au programme. Particularité cette semaine: la présence, parmi les apprentis cuistots, d’enfants présentant des problèmes de surdité. Les stagiaires ont l’occasion de se mettre aux fourneaux mais aussi d’appréhender le langage des signes. Une recette plutôt réussie.

Françoise Giraldo et Christine Sybels ont imaginé Cookids. La première a travaillé comme éducatrice; la seconde a fait ses armes dans l’Horeca, notamment en milieu hospitalier. Leurs deux savoirs faire ont fusionné voici 3 ans, dans le cadre de stages de cuisine pour les enfants. «Notre objectif est de leur permettre de découvrir le bien manger dans les produits de saison et le fait maison, souligne Françoise. Mais aussi d’éviter le gaspillage. » La formule permet aux enfants de s’approprier leur repas et d’en apprécier tous les bienfaits.

L’envie de convier des enfants sourds s’est concrétisée grâce à la belle-fille de Christine: Virginie. Membre du CREE (collectif qui œuvre à l’intégration des enfants sourds et malentendants dans des activités adaptées), elle apporte son expertise en langue des signes. Une mission complétée par la présence de Cindy, animatrice sourde.

Un thème

La cuisine devient ainsi le moyen de briser le silence entre enfants entendants et sourds. «Pour cette deuxième édition, nous avons pris comme thème les cuisines du monde, expliquent-elles. Nous travaillons en deux groupes: pendant qu’une partie des enfants travaille en cuisine, l’autre apprend à signer. » IL n’y a pas de cours ex cathedra. «la recette correspond à un apprentissage. Ainsi, pour la salade de fruits, on aborde les fruits mais aussi les couleurs

Christine insiste: «On tient à garder dimension familiale. On n’est pas à l’école. L’essentiel, c’est que le repas de midi soit fait.» Et sur ce point, les enfants sont au taquet. Cette semaine, sur un total de 27 enfants, deux sont sourds. Quoique. Appareillée, la petite Ilona n’arrête pas de discuter. «Une vraie pipelette, » souffle-t-on.

De cette expérience ressort une belle complicité entre les stagiaires, l’équipe mais aussi les résidents de la Bastide qui n’hésitent pas à venir dire bonjour et échanger. Avec ou sans signe.

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