Parcours du combattant pour le suivi scolaire d’une petite fille sourde

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Laurie Brancourt avec Maddy, sa petite fille de 4 ans diagnostiquée sourde. Maddy a une école qui s’occupe bien d’elle, mais il faut déjà préparer la suite

Diagnostiquée sourde à la naissance, Maddy est scolarisée comme tous les autres enfants. Ses parents se battent pour qu’elle bénéficie d’un suivi spécialisé pour son parcours d’éducation. Ils dénoncent les délais administratifs et les listes d’attente interminables. Mais gardent espoir.

Depuis la naissance de Maddy il y a quatre ans, Laurie et Laurent Brancourt mènent un combat acharné pour que leur petite fille ait une vie normale. Sourde de naissance, l’enfant sera appareillée à neuf mois. Le CHR de Lille leur propose une unique solution : l’implant. « Nous avons refusé et on nous a dit que nous n’acceptions pas le handicap de notre fille », rapporte la maman. Ils décident alors de rencontrer des spécialistes à Paris qui découvrent une neuropathie évolutive à l’oreille droite. « On nous avait toujours dit que Maddy était sourde profonde des deux oreilles mais ce jour-là, on découvre une oreille droite réceptive ».

Les parents enchaînent les dossiers administratifs auprès notamment de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Ils attendront un an avant de recevoir une réponse. Ils se rapprochent alors de l’IRPA (1) de Ronchin, institut qui suit les enfants sourds. Depuis mars 2018, la petite fille est sur liste d’attente. Scolarisée en maternelle dans une école de l’Amandinois, qui s’investit pleinement pour elle, Maddy Brancourt ne bénéficie toujours pas de suivi spécialisé. Or, la famille demande un codage LCP (langue parlée et complétée) 2. Mais la famille essuie des refus à répétition. « On nous dit soit qu’elle est trop jeune soit que les compte-rendus orthophoniques ne le permettent pas. Or le codage est indispensable. Et tant que Maddy ne sera pas en situation d’échec scolaire, on a le sentiment que rien ne bougera ».

Formation à la maison
Face à ce constat, les parents décident de se former au LCP et à la langue des signes. « On sent les progrès. Maddy arrive à communiquer avec nous et sa sœur jumelle. Mais le codage dès la maternelle est indispensable pour le CP » s’inquiète la maman. En attendant, la petite fille continue d’aller une fois par semaine chez l’orthophoniste. Mais pour la famille, « le temps presse ».
1) Nous avons tenté de joindre à de nombreuses reprises les deux organismes cités dans l’article, mais ils n’ont pas donné suite.
2) Avec ce codage manuel des sons de la langue où les mouvements codés de la main sont associés à la parole, la personne sourde comprend parfaitement ce qui est dit, sans aucune confusion comme avec la lecture sur les lèvres. « Tant que Maddy ne sera pas en situation d’échec scolaire, on a le sentiment que rien ne bougera »

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