Cinq choses que vous ignorez sûrement sur le quotidien des sourds et la langue des signes

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Initiation à la langue des signes française proposée par le comité départemental handisport avec Christophe, intervenant sourd

Souplesse et dextérité, regard insistant, expression du visage, positionnement de la main… : communiquer en langue des signes, c’est tout un art.

La langue des signes permet aux sourds et muets de communiquer entre eux… mais pas que ! De plus en plus de personnes entendantes s’intéressent à cette langue. À Nevers, le comité départemental handisport propose trois sessions par an d’initiation à la LSF (cinq séances de 1 h 30, ouvertes à tous, 80 €). 

Découvrez cinq faits sur la LSF et le quotidien des sourds trop souvent méconnus. 

Pas une mais des langues des signes

Il n’y pas une langue des signes, mais bel et bien plusieurs. Chaque pays possède sa propre langue des signes. Cependant, on observe des similitudes entre certaines nations. Par exemple, la langue des signes américaine (LSA) est en partie calquée sur la LSF. A contrario, elle ne ressemble en rien à la langue des signes britannique. Il y a aussi des variations régionales. D’une ville à une autre, certains mots ne se signent pas de la même manière. Au même titre que la langue française et ses patois. 

Interdite pendant cent ans 

Depuis la nuit des temps, les sourds communiquent par le biais de la gestuelle. Quelques siècles plus tard apparaît la notion de langue des signes française, dont l’évolution mènera à son officialisation en tant que langue à part entière en 2005. Toutefois, il fut un temps où la pratique de la LSF était strictement proscrite.

Retour en 1880. Lors du Congrès de Milan un débat fait rage : faut-il privilégier la LSF ou l’oralisme (enseignement de la langue orale aux sourds) ? À l’issue du congrès, la sentence est irrévocable et l’oralisme l’emporte au détriment de la LSF. Ont suivi cent longues années pendant lesquelles les sourds ont lutté pour sauver et protéger leur langue désormais méprisée au plus haut point. 

C’est en 1980 qu’à lieu le réveil sourd : l’interdiction d’utiliser la LSF comme moyen de communication est levée. 

La vie quotidienne du sourd

Le quotidien d’un sourd diffère fatalement de celui d’un entendant. Voici quelques exemples de situations pouvant sembler problématiques. 

  • Le cas de l’alarme incendie : comment prévenir un sourd en cas d’incendie ? Heureusement, certaines alarmes sont équipées d’un dispositif lumineux.
  • « Allô, tu m’entends ? » : un sourd ne peut pas communiquer par téléphone ! Privilégiez la communication par SMS ou mail
  • C’est l’heure de se lever : les sourds utilisent une alarme avec vibrations en guise de réveil.
  • Le cinéma et la télévision : les sous-titres ne sont malheureusement pas systématiquement disponibles… 
  • Se faire remarquer : vous croisez un compatriote sourd mais vous ne savez pas comment lui faire remarquer votre présence ? Faites des grands signes. 
  • La musique : les sourds n’entendent pas, mais ressentent les vibrations de la musique. 

La Famille Bélier

La Famille Bélier raconte l’histoire d’une famille dont plusieurs membres sont sourds. Mais à l’écran, le temps consacré à la LSF ou aux acteurs sourds est insignifiant : sur 1 h 30 minutes de film, on compte seulement 27 minutes de LSF et 16 petites minutes mettant en avant des acteurs sourds

Quelques statistiques : 

  • Sur 66 millions d’habitants, entre 120.000 et 150.000 français sont signeurs. 
  • Seuls 3 % des 15.000 enfants sourds scolarisés dans le pays suivent une scolarité réellement bilingue (LSF et français écrit)
  • Sans interprète, une personne sourde comprend 30 % du message en lecture labiale et ce dans le meilleur des cas.
  • Il existe 14 unités de soins spécialisées pour les personnes sourdes qui proposent des consultations en LSF en France.
  • Dans 95 % des cas, des enfants entendants naissent de parents sourds On les appelle « Coda » (children of deaf adults : enfants de parents sourds)
  • Les progrès médicaux ne font pas l’unanimité auprès des sourds. Ils sont nombreux à témoigner d’une volonté de préserver la LSF et sa culture en s’opposant aux implants auditifs. 

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