Bazemont : jeune sourde, Manon Altazin prend son envol

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Après un périple à vélo de Bazemont (Yvelines) à Nice l’an passé, Manon Altazin vient d’obtenir sa licence de pilote d’avion.

L’histoire de Manon Altazin vaut le coup d’être racontée. La jeune femme de 29ans, habitante de Bazemont (Yvelines), vient d’obtenir sa licence de pilote d’avion. Dans un milieu où seulement 10 % des pilotes sont des femmes, c’est déjà exceptionnel.

Mais son histoire est d’autant plus remarquable que Manon est sourde de naissance. Ce diplôme fait donc aujourd’hui d’elle, la première femme pilote sourde de France.

Sensations fortes

Pour célébrer cette victoire, toutes les personnes importantes à ses yeux se sont réunies pour la féliciter, samedi dernier en fin de journée, à l’aérodrome des Mureaux. Là où tout a commencé.

Elle avait à peine 15 ans lorsque son père lui a offert son premier baptême de l’air.

« À l’époque, je faisais de la gym de haut niveau et je n’ai pas supporté d’être obligée d’arrêter. Mon père a voulu me changer les idées et m’a amenée ici, confie-t-elle. J’ai adoré les sensations fortes que cela m’a procurées, la liberté. Pouvoir être en altitude ainsi, c’était unique ».

L’aérodrome du Val de Seine a donc décidé d’accompagner Manon dans son projet de devenir pilote.

« Quand j’ai commencé avec Jean, mon instructeur, il m’a formée comme il aurait formé n’importe qui. J’ai la particularité d’être sourde, mais là, il n’y avait pas de différence. Le plus compliqué pour moi, ce n’était pas d’apprendre à piloter, mais plutôt les gros obstacles que j’ai dû affronter avant d’obtenir mon brevet », se souvient la Bazemontaise.

Comme en témoigne la présence d’un grand nombre de personnes samedi, l’aéroclub est très fier de son parcours.

« On est extrêmement flatté que la première femme sourde pilote d’avion vienne du Val de Seine. C’est une jeune femme souriante et toujours dynamique. On est fier d’avoir réussi tous ensemble à l’amener jusque-là », savoure Marc, membre de l’aérodrome.

Aujourd’hui par exemple, des avions existent pour permettre aux personnes paraplégiques de voler. Néanmoins, pour les sourds, la carte géographique de vol reste limitée. Il est impossible pour eux de survoler des zones où la radio est obligatoire.

Face à cette inégalité, Manon, kinésithérapeute de métier, a décidé de lancer le projet « Air Fans 4 All ». Avec l’aide d’autres personnes, elle réfléchit à un moyen d’échanger des messages écrits avec les tours de contrôle.

« Ce n’est pas parce qu’on a une particularité, qu’on ne peut pas communiquer avec la tour », explique-t-elle.

Pour la jeune femme, ce moment était également l’opportunité de remercier ceux qui l’ont soutenue pour arriver à ce résultat.

« J’aime beaucoup dire que seule on va plus vite, mais ensemble on va plus loin », conclut-elle.

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