Une étudiante de Rouen utilise les réseaux sociaux pour démocratiser la langue des signes française

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Érika a présenté le signe utilisé par les Anglais pour dire « I Love You ».

Détourner l’usage premier des réseaux sociaux « où les gens postent parfois n’importe quoi » pour les rendre utiles et pédagogiques, voilà le but d’Érika.

Détourner l’usage premier des réseaux sociaux « où les gens postent parfois n’importe quoi»pour les rendre utiles et pédagogiques, voilà le but d’Érika. Avec son compte « @lsfcombat », cette étudiante en sciences du langage à l’université de Mont-Saint-Aignan a déjà séduit plus de 19 700 abonnés en un peu plus de neuf mois d’existence. Un succès inattendu alors qu’elle voulait avant tout s’entraîner à la langue des signes française (LSF) et permettre au plus grand nombre de la connaître. «L’avantage, c’est que les abonnés me font des propositions pour les vidéos, et il arrive que je ne connaisse pas ce qu’ils demandent. Donc ça me fait aussi travailler!», se réjouit-elle.

Une langue en manque dereprésentation

Aujourd’hui, Érika signe couramment, «je signe mieux que je ne parle anglais.» C’est à 7 ou 8 ans qu’elle découvre la langue des signes. Mais depuis, son attirance et sa passion n’ont fait qu’augmenter, et Érika espère maintenant devenir interprète. Car si la langue des signes française est reconnue comme une « langue à part entière » depuis la loi du 11 février 2005, celle-ci manque «cruellement de représentation», selon l’étudiante.

À travers deux vidéos par semaines et des storys quotidiennes, la jeune femme essaie d’enseigner quelques signes à ses abonnés : «Ça a beaucoup aidé des personnes qui n’avaient pas les moyens, mais qui voulaient quelques bases, ou celles qui ne peuvent pas se déplacer. On m’a même dit que certaines vidéos avaient servi de support de révisions pour des étudiants!»

En plus d’Instagram, l’étudiante est en passe de créer son association pour pouvoir réaliser des interventions pédagogiques, mais aussi organiser des rencontres pour ses abonnés.

Faire cesser les préjugés sur les personnes sourdes n’est pas chose facile. Mais Érika s’y emploie pleinement tous les jours. Et même si cet investissement lui demande énormément de temps et d’organisation, on a envie de se dire que tout n’est pas perdu quand on voit grandir sa communauté.

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