Manon Altazin, première pilote sourde de France

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Manon Altazin est la première pilote sourde en France. Cette jeune femme de 29 ans essaye de faire partager sa passion notamment avec d’autres enfants atteints de surdité.

La jeune femme de 29 ans vient d’obtenir sa licence de pilote. Elle sera ce mercredi à l’aérodrome de Cergy-Pontoise dans le cadre du tour de France de l’association Rêves de gosses.

Il est des rêves (presque) impensables. Mais pas pour Manon Altazin. Sourde de naissance, cette habitante de Bazemont n’avait que 15 ans lorsqu’elle a découvert les sensations du vol à l’aérodrome des Mureaux. Depuis cette première fois, elle n’a cessé de s’accrocher à son rêve : être elle-même aux commandes d’un avion. La jeune femme de 29 ans vient aujourd’hui de le réaliser en décrochant sa licence, devenant ainsi la première pilote sourde de France.

« Je me souviens encore très bien de ce moment où papa m’a proposé mon premier baptême de l’air. Je n’ai jamais oublié ce que j’ai ressenti lorsqu’on a décollé et qu’on était dans les airs, cette sensation de liberté incroyable. J’ai été submergée de bonheur, confie-t-elle. Et ça n’a pas changé depuis quatorze ans. »

Son instructeur, Patrick Guedj, pilote handicapé et membre de l’aéro-club Paul-Louis Weiller, se rappelle encore lui aussi de cette première expérience, « un moment qui a ému sa maman aux larmes ». « Le parcours de Manon est un modèle de réussite. Je suis très fier d’elle, se réjouit le président de l’association Envol-moi. Moi, je n’ai fait que lui montrer la serrure et lui donner la clé pour qu’elle y arrive. »

Pilote expérimenté, Patrick Guedj a accompagné Manon Altazin dans son apprentissage. Sourde mais pas muette, la jeune femme a passé le même diplôme que n’importe quel pilote. « Toute personne doit être capable de communiquer avec son partenaire à côté et lorsqu’elle est en vol », détaille l’instructeur. C’est le cas de Manon qui lit sur les lèvres et qui parle en retour. En vol, les pilotes peuvent utiliser une autre voix que celle de la télécommunication.

«Le plus dur n’est pas le pilotage, c’est le fait de convaincre les médecins de me laisser voler»

« Le plus dur n’est pas le pilotage, c’est le fait de convaincre les médecins de me laisser voler », raconte la kinésithérapeute de métier. Pour ça, il a fallu quatre ans, le temps de passer des dizaines de visites médicales. « Il y a énormément de barrières à franchir car les médecins ne voulaient pas prendre la responsabilité de m’accorder le droit de voler », se souvient la jeune femme.

Manon Altazin participe au tour de France organisé par l’association Rêves de gosses pour permettre à des enfants de voler, souvent, pour la première fois.

A force de combats acharnés, Manon peut aujourd’hui partager sa passion. « Je ne veux pas que les enfants sourds restent avec la fausse idée que l’on ne peut pas voler, car c’est faux, insiste-t-elle. C’est aussi très important de montrer aux parents qu’il faut continuer à éveiller les enfants à tout type d’activité. » Pour cette raison, elle participe au Tour de France organisée par l’association Rêves de Gosses, qui fait escale ce mercredi, à l’aérodrome de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise). Cette initiative permet aux enfants ordinaires et « extra-ordinaires » de voler, souvent, pour la toute première fois. « La plupart du temps, ils ne me croient pas quand je leur dis que je vais piloter. Ils sont bluffés », sourit Manon.

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