Sourds et malentendants manifestent à Melun pour faire reconnaître la langue des signes

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Plusieurs associations de personnes sourdes ou malentendantes se sont réunies à Melun pour interpeller les pouvoirs publics sur la reconnaissance de la langue des signes

Quelque soixante personnes ont participé à la manifestation organisée par le collectif Sourds en colère 77, à Melun. Une opération pour attirer l’attention des pouvoirs publics.

Le poing levé et le visage déterminé, ils sont allés plaider leur cause dans les rues de Melun. Plusieurs associations de personnes sourdes ou malentendantes se sont réunies, lundi 20 mai, dans la cour de la mairie, puis au niveau de la place Saint-Jean. Pour ce rassemblement, quelque 60 personnes avaient convergé vers la ville préfecture, à l’appel du collectif Sourds en colère 77.

Parmi leurs revendications, ils demandent notamment l’inscritption de la langue des signes dans la Constitution

Reconnaissance

Munis de gilets bleus – symbole de la mobilisation des personnes sourdes ou malentendantes – ils souhaitaient interpeller les pouvoirs publics concernant la situation de la langue des signes, mais aussi les difficultés auxquelles ils sont chaque jour confrontés. « Nous demandons une égalité pour tous et donc que les politiques prennent en compte cette égalité », souligne le collectif.

Principale revendication autour de cette marche symbolique : la reconnaissance de la langue des signes fraaise (LSF) dans la Constitution. Une demande qu’ils ont d’ailleurs adressée à l’ensemble des parlementaires, y compris en Seine-et-Marne. « Nous sommes des citoyens à part entière et nous menons ce combat pour gagner en accessibilité », explique Christian Segoin de l’association Vivre Sourd en 77.

Parmi leurs propositions, ils évoquent la mise en place d’interprète en LSF dans les hôpitaux

Ils demandent également la mise en place d’un processus d’accessibilité dans les administrations ou encore dans les chaînes de télévision. « En France, il y a un vrai retard et nous souffrons beaucoup du fossé qui existe avec les entendants, insiste Claudine Le Moing, de l’association des parents d’enfants sourds (APES77). C’est notre langue maternelle, elle ne peut pas être mise de côté. »

Au début du mois, une délégation a pu rencontrer le parlementaire Olivier Faure (PS) pour échanger autour du message porté par les manifestants. Lors de la mobilisation à Melun, l’assistant parlementaire d’Aude Luquet (MoDeM) était également présent afin de prévoir une rencontre avec la députée. Les associations espèrent aussi multiplier les contacts à l’Assemblée.

« Rien de concrets »

Les manifestants demandent également un accès pour les journaux télévisés (

« À l’heure actuelle, il n’existe rien de concret pour les sourds, estime Claudine Le Moing. Nous rencontrons des difficultés partout : que ce soit à l’hôpital pour une simple consultation, mais on peut aussi lister les étudiants à l’université ou encore dans les tribunaux. Rien n’est prévu pour nous. »

Si des rassemblements du genre se sont tenus dans toute la France, la mobilisation de Melun était la seule à l’échelle de l’Ile-de-France. Une prochaine mobilisation prévue, le 20 juin à Paris. « Une manière de faire reconnaître la culture et le patrimoine sourd », estiment les membres du collectif.

Le cortège s’est dirigé vers la place Saint-Jean avec une distribution de tracts aux passants

*Les témoignages ont été recueillis grâce à la présence d’une interprète.

Renseignements – Pour contacter le collectif : sourdsencolere@gmail.com ou sur la page Facebook du collectif

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