La culture sourde s’affiche à l’Espace Mendès-France

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Le centre de culture scientifique, technique et industrielle de Poitiers est un lieu d’ouverture aux autres. Sourds et entendants se côtoient et se découvrent.

Depuis plusieurs années, l’Espace Mendès-France (EMF) de Poitiers a amélioré l’accueil en particulier en direction des personnes sourdes, en leur ouvrant des animations liées à son offre culturelle et scientifique. Cela s’est avéré nécessaire d’autant que la communauté sourde de la ville est importante. Cette ouverture répondait à une demande d’animations adaptées au public sourd et à une volonté affichée par la direction de l’EMF.

L’EMF accueille 
une centaine 
de personnes 
sourdes

D’abord cantonné à quelques conférences sélectionnées sur son programme et proposées en langue des signes fraaise (LSF), l’accès s’est ouvert progressivement à d’autres activités comme les visites guidées d’expositions et les ateliers de vulgarisation scientifique, notamment sous l’impulsion d’Estelle Arnoux, médiatrice culturelle sourde qui est à l’origine de l’association Inter’Signes en 2014« En 2015, nous avons commencé à envisager des actions culturelles directement en LSF via la présence de professionnels sourds diplômés », rappelle-t-elle.
Totalement investie pour la promotion de la culture sourde, « la jeune femme a suivi des formations en interne, au sein de l’équipe d’animateurs de l’établissement », précise Christine Guitton, responsable de l’information scientifique à l’EMF. Avec Lisa Le Duigou, interprète professionnelle en LSF et cofondatrice d’Inter’Signes, Estelle s’est ainsi approprié le contenu scientifique des animations, pour en faire bénéficier les jeunes sourds par exemple.
Au bout de trois ans, une quinzaine de jeunes de 5 à 10-12 ans participent régulièrement aux ateliers pédagogiques les mercredis et durant les vacances scolaires. Christine Guitton précise que l’EMF accueille en moyenne une centaine de personnes sourdes par an, dans ses différentes activités« Ce sont des gens très dynamiques, très curieux », souligne-t-elle. La jeune médiatrice tire à son tour un bilan positif, avec un public plus nombreux, fidélisé, et une diversité des profils (enfants, adultes, initiés, néophytes).

Le public sourd satisfait 
de l’accessibilité en LSF

« Le public est satisfait d’une accessibilité directement en LSF qui assure une meilleure compréhension, une fluidité des échanges et un confort d’écoute, précise Estelle. Elle permet un rythme adapté à cette langue visuelle. » Avec l’EMF, elle travaille à un projet de co-écriture d’une exposition sur la LSF, à des formations ponctuelles et à l’accueil des scolaires (écoles parcours bilingue, institut spécialisé pour jeunes sourds). « La mise en place d’événements pilotés par des professionnels sourds diplômés est une sensibilisation directe à la culture sourde qui participe au vivre ensemble, martèle-t-elle. C’est une richesse pour les entendants et un besoin pour les sourds pour accéder pleinement au statut de citoyens. L’EMF participe et bénéficie de cette ouverture. La LSF y est présente régulièrement, le public sourd ose et prend plaisir à découvrir les animations. »

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