Ces sourds crient leur colère pour plus d’égalité

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Magali Pondard, Joseph Garnier, Aurélia Dugué et Valérie Glémot seront à Paris ce mercredi pour participer au grand rassemblement national des sourds en colère.

Ce mercredi 20 mars 2019, vingt Morbihannais sourds ou malentendants se rendront à Paris pour participer au grand rassemblement des Sourds en colère. Ils défileront pour obtenir l’égalité et l’accessibilité au quotidien, notamment avec l’inscription de la langue des signes française dans la constitution.

Ils ne décolèrent pas. Magali Pondard, Joseph Garnier, Aurélia Dugué et Valérie Glémot sont remontés et comptent bien le faire savoir à Paris ce mercredi 20 mars. Ces Morbihannais participent au grand rassemblement national à l’appel de nombreuses associations de communautés sourdes. Gilet bleu sur le dos, ils espèrent que cette mobilisation permettra d’alerter le gouvernement sur leur difficile quotidien. « Rien n’est prévu pour les personnes sourdes, regrette Aurélia Dugué, responsable de la commission Défense du droit des sourds du MorbihanPour tous nos rendez-vous, dans les administrations ou les hôpitaux, c’est à nous d’organiser la venue d’un interprète. Et cela coûte bien plus cher que les budgets alloués. »

Ses camarades de lutte acquiescent. « C’est toujours à nous de nous adapter et de faire les démarches, ajoute Aurélia. Ce n’est pas logique. » Et cela ne s’arrête pas à ces rendez-vous. Toute la sphère publique leur est inaccessible« Nous avons l’impression d’être cachés et mis à l’écart , estime Joseph Garnier, président de l’Association des sourds du MorbihanNous ne sommes pas sur un pied d’égalité que les autres citoyens. »

Et de citer les élections locales, à commencer par les municipales. « Quand il y a des discours de candidats, des allocutions, rien n’est mis en place » , détaille Valérie Glémot. Un avis partagé par l’ensemble du groupe. Pour eux, sous-titres et présence d’interprètes sont des denrées bien trop rares lors des manifestations. « Nous n’entendons pas et c’est fatigant. Nous sommes toujours ceux qui doivent faire le premier pas. Ce serait bien que les efforts soient partagés. »

« Nous sommes invisibles »

Pour eux, le meilleur moyen d’y arriver est d’inscrire la langue des signes française dans la constitution française. C’est la première de leurs revendications. « Cette langue n’a toujours pas de reconnaissance officielle, estime ces quatre Morbihannais. Dix ans après la loi du 11 février 2005 [N.D.L.R. Loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées] , nous voyons bien que la situation n’a pas évolué. » Et de citer les programmes télévisuels. « Il y a quinze ans, on nous promettait des sous-titres partout. Le bilan ? Il y en a de moins en moins. »

Les jeunes sourds ne sont pas épargnés. L’intégration à tout prix dans les classes ferait plus de mal que de bien. « Avant, ils étaient dans des instituts spécialisés. Actuellement, ces jeunes se retrouvent seuls et isolés. C’est pour cela que nous militons pour l’école bilingue. » Pour eux la pose d’un implant n’est pas toujours la solution.

En sortant dans la rue aujourd’hui, ils sortent du silence imposé par leur handicap. « On parle de plus en plus de handicap psychologique ou moteur dans notre société. Jamais de la surdité. Nous sommes invisibles. »


170, c’est le nombre de membres que compte l’Association des sourds du Morbihan (ASM).

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