S’initier à la langue des signes par le jeu

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Des associations et des professionnels assureront la promotion de la langue des signes, dimanchemai, à la MJC de Bollwiller, avec une après-midi ludique pour découvrir ce langage à part entière.

Fils de deux parents sourds profonds, Yvan Wildy, éducateur libéral spécialisé en langue des signes française (LSF), a souhaité organiser à Bollwiller une après-midi de découverte autour de la langue des signes. « À ma connaissance, ce sera une première dans le Haut-Rhin » , souligne Yvan Wildy. Loin de vouloir en faire une journée trop institutionnelle ni trop sérieuse, l’éducateur a choisi le jeu pour aborder le sujet.

« Nous présenterons des jeux de société qui serviront de supports pour l’apprentissage des rudiments de la langue des signes française » , explique l’éducateur. Les participants pourront ainsi découvrir les signes tout en s’amusant. Par ailleurs, un spectacle en ombres chinoises, traduit en langue des signes, sera proposé.

Une langue des signes simplifiée pour les bébés

Parmi les sept associations spécialisées dans le département, trois seront présentes lors de cette manifestation (lire encadré). L’une d’entre elles, Signe moi un papillon, mettra en avant un espace d’accueil bébés. Et Yvan Wildy d’expliciter : « Aujourd’hui, il existe une langue des signes bébé, qui n’est autre qu’une version simplifiée de la langue pour adultes. » Cet atelier aura pour but de sensibiliser les parents à cette langue qui peut être utilisée dès le plus jeune âge et avec tous. Enfin, un concours de dessins, sur le thème de la surdité et de la langue des signes, sera organisé.

Yvan Wildy, qui a été confronté à la surdité dès son plus jeune âge, regrette que les jeunes déficients auditifs soient trop souvent redirigés vers un dispositif médical. « Avec un implant cochléaire, l’enfant va entendre, mais cela ne lui permettra pas de tout entendre. Les parents doivent par ailleurs avoir conscience que ce dispositif induit une très longue rééducation » , précise-t-il. Et d’établir la comparaison avec la langue des signes : « On l’apprend, mais aucune rééducation n’est nécessaire. » Pour l’éducateur, qui a grandi avec deux langues maternelles, le français et la langue des signes, le choix est donc évident.

Un lieu d’accueil enfantsparents bientôt ouvert aux déficients auditifs à Bollwiller

Si Yvan Wildy a choisi la MJC de Bollwiller pour accueillir cet événement, c’est pour la simple et bonne raison que la structure a comme projet de créer un LAEP (lieu d’accueil enfantsparents), qui sera ouvert aux enfants et parents déficients auditifs. L’établissement devrait ouvrir ses portes en septembre. La chargée de projet, Mélanie Barassi, éducatrice formée à la LSF, est responsable de développement du projet en lien avec le directeur de la MJC, Robert Ricciuti. Le LAEP sera ouvert à tous et vise une mixité des publics sourds et entendants.

« Dédramatiser ce handicap »

Dans la même optique, avec l’organisation de cette après-midi consacrée à la langue des signes, Yvan Wildy souhaite « créer une rencontre entre sourds et entendants. J’espère par ailleurs que cette manifestation permettra de mettre fin à certaines idées reçues et à dédramatiser ce handicap. »

Si la manifestation est bien accueillie par le public, Yvan Wildy envisage de reproduire le rendez-vous, une fois par an.

Y ALLER « A la découverte de la langue des signes française », dimanchemai, de 13 h 30 à 17 h 30, à la MJC-CSC de Bollwiller. Deux représentations du spectacle en ombres chinoises sont prévues, à 14 h 30 et 16 h 30. SURFER www.educateurdalsace.fr

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