Grève dans les instituts de jeunes sourds et aveugles contre l’inclusion scolaire forcée

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L’intersyndicale des cinq instituts nationaux des jeunes sourds et aveugles (INJ) a appelé les personnels à la grève le 4 avril. Elle dénonce la volonté du gouvernement de scolariser davantage ces enfants en milieu ordinaire, mais sans accorder de moyens suffisants, et revendique l’ouverture d’une véritable concertation.

Parents, enseignants, usagers… Près de 250 personnes se sont rassemblées le 4 avril devant le ministère de la Santé à Paris pour exiger une insertion scolaire de qualité pour les enfants sourds et aveugles, et pour qu’ils puissent continuer à avoir le choix entre l’école ordinaire ou l’enseignement spécialisé. Le cortège s’est ensuite dirigé vers le ministère de l’Education nationale. D’autres manifestations ont été organisées à Bordeaux, Metz et Chambéry.

La mobilisation avait été lancée par l’intersyndicale FO, CFDT, CFTC, CGT, SNJSJA-Unsa et Sud des instituts nationaux de jeunes sourds (Paris, Bordeaux, Mets, Chambéry) et de l’institut national des jeunes aveugles de Paris, qui avait appelé les personnels à la grève, ainsi que par l’association des parents et amis des INJ. Différents établissements départements et médico-sociaux du secteur privé se sont joints au mouvement, une première.

Le syndicat FO se bat sur le dossier de l’insertion scolaire depuis plus de deux ans. Selon la loi, les familles ont le choix de scolariser les enfants en milieu ordinaire auprès de l’Education nationale, ou dans un établissement spécialisé. Or la ministre de tutelle, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, souhaite aller vers une école plus inclusive. L’objectif est que les établissements de l’Education nationale puissent accueillir tous les élèves, quel que soit leur handicap.

Un millier d’élèves scolarisés dans les INJ

En parallèle, les établissements spécialisés ont réduit leur offre scolaire, empêchant à terme pour les enfants la possibilité de faire des allers-retours entre le milieu ordinaire et le milieu spécialisé, s’inquiète l’intersyndicale dans un communiqué. Actuellement les INJ scolarisent près d’un millier d’élèves.

Je ne suis pas contre l’inclusion des jeunes sourds ou aveugles dans les écoles ordinaires, au contraire, c’est mon boulot de les accompagner au quotidien, explique Laure Beyret, secrétaire de la section FO de l’institut des jeunes sourds de Paris et enseignante en histoire-géographie. Le problème, c’est qu’on ne nous donne pas les moyens en adéquation. Aujourd’hui, on peut regrouper les élèves dans certains établissements pour constituer des petites classes. Demain, s’il faut aller les voir individuellement dans chaque école, nous ne serons pas assez nombreux pour les accompagner. Certains élèves ont aussi besoin d’être scolarisés à l’INJ qui leur propose un plateau technique avec des psychologues, des orthophonistes.

Économies budgétaires

Elle évoque un échec annoncé pour les élèves comme pour les enseignants. On ne peut pas demander à un enseignant de faire classe à 30 élèves et de s’occuper en plus d’un enfant aveugle et d’un sourd, poursuit-elle. C’est un enseignement très technique, ça ne s’improvise pas.

Les syndicats, qui ont rencontré Sophie Cluzel le 14 février, dénoncent une absence totale d’écoute et de dialogue sur l’avenir des établissements spécialisés dans le cadre de la construction de l’Ecole inclusive. Ils s’inquiètent aussi de la précipitation avec laquelle ces projets sont menés.

La logique du gouvernement ne porte que sur des économies budgétaires, il y a un mépris des syndicats, des personnels et des familles, dénonce Juan Navarro, secrétaire général du syndicat national des personnels des affaires sanitaires et sociales. Les syndicats exigent l’arrêt des transformations engagées dans les INJ et l’ouverture d’une vraie concertation avec le ministère de tutelle.

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