Comment la salle Le Triangle attire les sourds et malentendants à ses spectacles

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Fixé et sanglé sur le dos, le Subpac est connecté à la régie son par un boîtier qui retranscrit les sons par vibrations.

Le centre culturel a acquis quatre Subpac, des sacs à dos permettant de ressentir le son par des vibrations

  • Le centre culturel Le Triangle, à Rennes, a acquis quatre Subpac, des sacs à dos qui reproduisent les sons par vibrations à travers le corps.
  • Ce nouvel outil sera mis à disposition des sourds et malentendants à l’occasion des prochains spectacles de danse.
  • Le Triangle développe depuis des années un projet pour rendre accessibles ses spectacles aux personnes en situation de handicap auditif. 

Une personne sourde ou malentendante peut-elle pleinement profiter d’un battlede danse hip-hop ou d’un spectacle de danse africaine ? Le centre culturel Le Triangle, installé au cœur du quartier du Blosne, à Rennes, depuis 1985, répond par l’affirmative. La salle de danse – axée également arts plastiques et littérature – a ainsi décidé d’acquérir quatre Subpac, ces sacs à dos vibrants permettant aux déficients auditifs de pouvoir ressentir la musique autrement.

« Faire tomber toutes les barrières »

Déjà expérimenté avec succès par la salle de concert L’Aeronef à Lille et parplusieurs festivals à Nantes, ce système innovant de basses tactiles est disponible au Triangle depuis fin 2018. Une première pour une structure culturelle rennaise. Testé initialement en décembre dernier, il sera proposé sur réservation pour les prochains spectacles de danse des 1er et 8 mars et surtout pour le Block Party Battle (danse hip-hop), le 9 mars.

Le Subpac « retranscrit les sons et fréquences musicales par vibrations à travers le corps », explique Marion Deniaud, chargée d’action culturelle au Triangle, qui l’a « testé avec plein de musiques différentes ». A mi-chemin entre le sac à dos et le gilet, le système « est connecté à la régie son via un système Bluetooth, mais il peut aussi être branché à un smartphone », ajoute-t-elle. Solide et mobile, il permet aux sourds et malentendants de « se rendre en concert et même de pouvoir danser ».

Pour le Triangle, il s’agit d’un nouvel outil intégré à la politique d’accessibilité déjà mise en place. « On a toujours été très sensible à la question de la surdité, avec la volonté de faire tomber toutes les barrières », affirme le directeur Charles-Edouard Fichet.

Des interprètes en langue des signes

Depuis deux ans, la salariée en charge de l’accueil est ainsi formée à la langue des signes. Marion Deniaud rappelle également que « la danse est une discipline artistique très visuelle ». « On a un petit pictogramme signalant les spectacles visuels sur la plaquette, qui s’adresse aux personnes en situation de handicap auditif ou ne parlant pas le fraais », précise-t-elle. Temps fort de la programmation annuelle, le Block Party Battle est, quant à lui, « interprété depuis trois ans en langue des signes, avec des interprètes qui retransmettent les paroles du speaker sur écran géant », souligne Marion Deniaud.

Grâce aux Subpac, le Triangle espère faire venir encore davantage de personnes sourdes et malentendantes à ses spectacles. « On va communiquer par le biais des partenaires et associations qui travaillent sur l’accessibilité, indique Marion Deniaud. Ensuite, ça se fera par le bouche-à-oreille. » Pour Charles-Edouard Fichet, le projet, limité pour l’instant à quatre unités, est amené à « s’étendre progressivement. C’est un outil qui deviendra ordinaire », prédit-il.


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