Les enfants sourds en mal d’écoles

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Une école fondamentale pour enfants sourds existe dans la province. Pour le secondaire, il faut se diriger vers Namur ou Bruxelles.

Scolariser un enfant atteint de surdité ou malentendant n’est pas chose aisée en province de Luxembourg. Une seule école est équipée de manière spécifique pour les accueillir. Elle se situe à Michamps près de Bastogne, mais se limite à des classes de maternelle et de primaire occupées par une dizaine d’enfants.

Coralie Boulanger (à droite sur la photo ci-dessous) est la maman de Cassandre née sourde totale il y a huit ans«C’est épouvantable quand on nous annonce une chose pareille pour votre enfant. Il a fallu rebondir. Nous avons cherché une association dans la province de Luxembourg pour nous aider. Alter&Go surdité nous a dirigés vers l’école de Michamps où Cassandre a été scolarisée à 2 ans et demi. Nous habitions alors à Virton. Cassandre passait 2 heures dans le bus le matin et 2 h dans le bus le soir. Ce n’était pas tenable pour elle. Nous avons déménagé à Bastogne pour être plus proche de l’école. Si Michamps n’avait pas existé, nous aurions dû aller à Namur, à Liège ou à Bruxelles», explique la maman de Cassandre.

Pas d’école secondaire dans la province

À l’issue de sa sixième primaire, la fillette sera scolarisée à Bruxelles dans une école secondaire pour enfants sourds où elle intégrera l’internat. Il n’existe pas d’école secondaire dans la province. «Nous sommes occupés à regarder du côté de Neufchâteau où il n’y a pas d’école spéciale secondaire dans la région proche. C’est une piste que nous explorons», précise Nathalie Heyard, députée provinciale en charge de l’Accompagnement. La Province qui dispose d’un service d’accompagnement pour enfants souffrant de surdité. «Une personne faisant partie du service Alter&Go Surdité accompagne les enfants dans le train jusqu’à Bruxelles le dimanche soir et au retour le vendredi soir. Un service qui se fait à la demande, là où il y a des besoins», rappelle Nathalie Heyard.

Le personnel médical pas suffisamment formé

Ces problèmes de scolarité s’ajoutent aux soucis médicaux. «On a posé des implants à Cassandre. Ce qui a supposé des séjours à l’hôpital à Liège où le responsable du service ORL et le personnel infirmier ne connaissent pas un mot du langage des signes, poursuit Coralie Boulanger. Ce n’est pas facile pour les enfants. Le regard des autres est parfois aussi cruel. Il arrive souvent que les gens disent de ma fille qu’elle n’est pas polie. Ils ignorent qu’elle est sourde et qu’elle a dit bonjour ou merci en langue des signes. C’est un handicap invisible qui le rend encore plus difficile à vivre.»

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