Les collégiens au rythme du chansigne

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Laëticia Tual se bat pour rendre plus accessible les concerts aux personnes sourdes.

L’association Signes de sens organise pour la seconde fois le projet « Silence… On signe », en association avec une dizaine de collèges. À la clé ? Un concert à l’Aéronef ce lundi, où collégiens et artistes partagent la scène.

Les corps sont encore un peu figés. Laëtitia Tual, artiste pionnière dans le chansigne, ne se décourage pas et incite la trentaine de collégiens à bouger au rythme de la musiqueEntre le cours de danse et l’apprentissage linguistique, la discipline mélange les genres. « Ça va au-delà de la traduction d’une chanson  », résume Fanny Maugard, responsable pôle langues des signes au sein de l’association Signes de sens. Elle pilote le projet « Silence… On signe ! », organisé avec une dizaine de collèges du Nord et du Pas-de-Calais. L’expérience se déroule sous la forme d’un atelier de deux heures où les enfants apprennent quelques mots en langue des signes et un refrain sur une chanson donnée.

Sortir des jeunes de l’isolement

La moitié des écoliers présents dans la salle font partie du dispositif NSA, c’est-à-dire qu’ils ont peu ou pas été scolarisés antérieurement. Les autres élèves ont suivi un premier cursus à l’étranger avant de venir en France. « Ça leur amène une bulle d’enfance qu’ils n’ont peut-être pas eue avant  », confie Valérie Bouchart, professeur de français. Elle est en lien avec l’association depuis des années. « Ils proposent des livres et vidéos pour enfants sourds. Ça m’aide avec les élèves qui ne parlent pas encore bien français. »

Pour Fanny Maugard, le but de l’opération est aussi d’aller vers des publics plus isolés : « Ce sont des établissements qui ont peu l’habitude de faire des sorties culturelles. » À l’issue des ateliers, un concert est organisé ce lundi à l’Aéronef. Les jeunes artistes des dix collèges participants montent sur scène devant leurs camarades et quelques établissements invités. L’après-midi fera la part belle à Laëtitia Tual et au rappeur Erremsi, qui interprétera son album Lever l’encre en bilingue (français/langue des signes).

« J’aime utiliser une musique qui génère de la vibration. »

Laëtitia Tual orchestre les ateliers. Elle s’est familiarisée avec le chansigne à 16 ans. À l’époque, elle traduit en concert des chansons pour des amis sourds. « J’ai un style plutôt urbain, j’aime utiliser une musique qui génère de la vibration pour avoir un ressenti au niveau du tempo. » Elle travaille depuis trois ans avec le rappeur Erremsi et tourne partout en France.

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