Les bébés signeurs apprennent à s’exprimer avant de parler

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Les parents se prennent vite au jeu grâce aux comptines chantées par Élise Quentin. Ne reste plus qu’à reproduire les signes à la maison

La bibliothèque Jacques-Prévert, à Cherbourg-en-Cotentin (Manche), propose un nouvel atelier parent enfant. Les bébés, jusqu’à l’âge de 3 ans, y apprennent les rudiments de langue des signes.

Des poussettes traversent la bibliothèque pour rejoindre l’espace Jeunesse. Pourtant, ce n’est pas l’heure du conte. Élise Quentin, de l’association avranchinaise Les Signes d’Élise, invite parents et enfants à s’asseoir sur les gros coussins disposés en cercle, derrière le rideau les séparant des rayons de livres.

Les bébés babillent, font connaissance : ils ignorent encore qu’ils vont apprendre les rudiments d’une nouvelle langue, la LSF (Langue des signes française), avant même d’en parler une. Les parents, eux aussi, se présentent, à commencer par Mathilde, la seule maman, ce samedi, d’un enfant sourd profond.

Sa voisine est la mère d’une fillette qui, à 3 ans« entend très bien mais refuse de parler. Je suis là pour la comprendre » . Cécile est venue « pour conforter l’apprentissage en LSF, dont Marius bénéficie déjà chez sa nourrice et à la crèche La Fenotte, à Équeurdreville ». Enfin, deux autres mères, orthophonistes et donc tout ouïe aux bienfaits de cet apprentissage, se sont inscrites avec leur propre bébé.

Vingt façons de dire maman

Élise Quentin explique en préambule les subtilités de la langue des signes, sa syntaxe et ses accents : « Il existe, par exemple, vingt façons de signer le mot maman. »

Elle précise que « l’atelier bébé-signeur s’adresse aux enfants dès l’âge de six mois » , et qu’il favorise « la motricité, la complicité avec les parents, l’estime de soi mais aussi la diminution de la frustration en se faisant comprendre ».

Il faut commencer tout doucement, avec seulement trois ou quatre signes répétés à l’envi : boire, dormir, manger, « et un mot très important : encore ! » Élise Quentin rappelle aux parents qu’il n’est pas grave de se tromper : « La LSF est juste une proposition. Ce n’est pas grave de se tromper : un enfant qui commence à parler prononce mal les mots : c’est pareil avec les mains… »

Trois comptines seront apprises durant la séance, avec des signes simples comme bonjour, ça va ou : « J’ai envie que tu changes ma couche ! » L’atelier dure une heure, mais le temps passe très vite et les enfants de la séance suivante arrivent déjà. Bientôt, en s’entraînant avec papa et maman, tous sauront dire au revoir à Élise et surtout… « merci ».

Samedi 2 mars , 20 avril et 8 juin, à 10 h et à 11 h, Bibliothèque Prévert, Esplanade de la Laïcité, tél. 0233233940.

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