Des parents manifestent pour l’avenir scolaire de leurs enfants sourds

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Paris, ce jeudi 20 décembre 2018. Des parents d’enfants sourds ont manifesté devant le ministère de la Santé pour défendre la classe spécialisée qui a été fermée au collège Claude-Monet d’Argenteuil un mois après la rentrée scolaire.

La fermeture d’une classe spécialisée pour enfants sourds au collège Claude-Monet d’Argenteuil suscite l’inquiétude des parents de l’école intégrée Danièle Casanova.

« Non à la fermeture des classes spécialisées pour les jeunes sourds ! », « Les jeunes sourds méritent des pros… Des vrais ! »…Des parents d’enfants sourds de l’école intégrée Danièle Casanova (Eidc) d’Argenteuil ont manifesté devant le ministère de la Santé, ce jeudi, pour dénoncer la fermeture « brutale » de la classe spécialisée au sein du collège Claude-Monet.

Cette structure intégrée en milieu ordinaire a soudainement été fermée un mois après la rentrée par l’Education nationale, après des années de fonctionnement, car elle ne disposait pas d’agrément officiel. Celle-ci accueillait deux groupes de collégiens sourds dont un groupe en très grande difficulté. Résultat : six jeunes ont été orientés vers une unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) d’enfants en situation de handicap et trois sont toujours en attente d’orientation.

Un accompagnement pluridisciplinaire

C’est le cas de Quentin, 14 ans, qui depuis le mois d’octobre se retrouve sans orientation adaptée. « Il est dans une classe préfabriquée à l’Eidc, ils ne savent pas quoi en faire, il est complètement à la rue », regrette son père, David. Son fils entamait sa deuxième année au sein de la classe spécialisée du collège avec un accompagnement pluridisciplinaire (enseignante, professeur de langue des signes, orthophoniste, éducateur) : « Ça se passait très bien, il était en pleine progression, là je considère que son année est morte », déplore-t-il.

Pour les autres élèves qui ont été orientés dans l’Ulis, la situation n’est pas mieux : « Les Ulis ne sont pas adaptés à tous les enfants malentendants », constatent Géraldine et Christophe. Leur fils qui était déjà dans cette unité doit régulièrement aider les jeunes sourds de Claude Monet à s’orienter dans l’école : « Ils sont complètement perdus, ils ont un niveau de CP ou CE1 mais on les place dans une classe qui correspond à leur âge où ils suivent des cours qu’ils ne connaissent pas du tout comme la chimie, les SVT… Au fur et à mesure, ils sont enlevés des cours et placés en permanence ou au CDI, du coup ils sont en souffrance, ils dépriment ! », précisent-ils.

Les parents craignent une orientation en Ulis quasi systématique. « Nous voulons avoir le choix, tous les enfants malentendants ne sont pas prêts à y aller, ils ne se sentent pas tous bien avec les entendants », explique Caty, mère d’un petit garçon sourd qui souffre de nombreux autres troubles d’hyperactivité et de dyspraxie. Pour lui, l’Ulis ne serait pas adapté. « Les enfants sourds ont du mal à construire leur personnalité, à l’adolescence, ils ont souvent du mal avec eux-mêmes, ils se dévalorisent facilement. C’est pour ça que les petites classes comme à Claude Monet avec d’autres malentendants les rassurent, ça leur permet de mieux s’exprimer et s’identifier », poursuit-elle.

Contactée, l’Education nationale n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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