AU SERVICE DE L’ACCESSIBILITÉ SOURD/ENTENDANT

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Rencontre avec Véronique Savary et Elisa Urrestarazu. Diplômées d’un Master d’interprétation français/LSF de l’Université de Paris VIII et membres de l’Association française des interprètes et traducteurs en langue des signes (Afils), elles interviennent sur le département de la Vendée.

Un chef d’entreprise qui souhaite améliorer la communication avec l’un de ses salariés, un sourd qui a besoin de pouvoir échanger avec son médecin, pour effectuer une démarche administrative ou pour une sortie culturelle… L’interprète en français/Langue des signes française (F/LSF) intervient dans toutes les situations de la vie quotidienne au service de l’accessibilité des personnes sourdes/entendantes. « Notre métier consiste à traduire des échanges entre des personnes sourdes qui pratiquent la langue des signes et des personnes entendantes qui parlent en français, explique Véronique Savary. La difficulté de notre métier tient au fait que nous devons intervenir en simultané, c’est-à-dire en même temps que parle l’orateur. Tout en évitant la coupure de communication, notre objectif est d’être le plus en retrait et transparent possible. » Pour le moment, aucun robot ou aide technique ne peut remplacer un interprète. Utilisée par les personnes sourdes pour communiquer, la langue des signes, ou langue sourde, est une langue vivante, possédant sa grammaire, sa syntaxe et ses influences culturelles. Sa traduction en mot à mot n’est pas possible.

OUTIL HUMAIN DE COMMUNICATION

« Bien souvent, notre travail est associé, à tort, à une assistance. L’interprète est en réalité un outil pour permettre à deux interlocuteurs de communiquer dans leur langue maternelle, explique Elisa Urrestarazu. Un rendez-vous médical, social ou administratif, une réunion de famille ou associative, une conférence ou une formation professionnelle, un cours de code, une visite guidée, un ciné-débat… Nos domaines d’intervention sont multiples. Ainsi, afin d’optimiser la qualité de notre travail, nous nous devons de toujours parfaire nos connaissances et d’approfondir notre culture générale. » Le métier d’interprète s’est professionnalisé depuis plus de trente ans grâce à la création de cursus et d’un diplôme universitaire. Les candidats doivent suivre une formation de cinq années après le bac et parfaire leur expression en LSF et en français. Il faut savoir que la LSF n’est pas universelle et qu’il existe donc une langue des signes pour chaque pays. Plusieurs variantes régionales sont même recensées.

L’interprète suit un code éthique. Les trois règles déontologiques fondamentales sont la neutralité, la fidélité et le
secret professionnel. « Les personnes que l’on accompagne restent maîtres de leur communication. Nous sommes un outil humain de communication. Ainsi, même si notre obligation de neutralité nous oblige à ne pas laisser transparaître nos émotions ou nos opinions, nous devons faire passer les sentiments des interlocuteurs, les conflits et même, s’il y en a, les insultes ! Pour que l’interlocuteur reçoive le message fidèlement, nous ne devons rien omettre et ne rien rajouter, expliquent les deux interprètes.

Avant toute intervention, nous avons un travail préparatoire important. En effet, nous devons connaître le contexte de l’intervention pour éviter les erreurs d’interprétation. Chaque entreprise possède son vocabulaire ou ses codes, par exemple. »


Contact : Elisa Urrestarazu, au 06 11 79 65 24, à urrestarazu.elisa@gmail.com et sur facebook.com/ ElisaUrrestarazu Véronique Savary, au 06 76 37 15 87, à asso.siel@free.fr et sur facebook.com/Association-SIEL

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