Cessons de faire la sourde oreille!

0
L'oeuvre d'art a été pensée et réalisée par l'artiste Jérôme Jean-Charles, en collaboration avec des sourds et des malentendants. L'initiative est du Serac qui milite en faveur de l'insertion des sourds

Ce matin, 10 heures, au giratoire de La Jaille, sera dévoilée une oeuvre artistique d’une très grande symbolique. Intitulée Ma sourde oreille, elle nous invite à ne pas rester sourd face aux difficultés des personnes handicapées et plus singulièrement des sourds ou malentendants.

Ne faisons pas la sourde oreille. Ne faisons pas comme si nous ne voyions pas les personnes handicapées. Ne faisons pas comme si elles n’existaient pas. Tel est le message que veut nous rappeler l’oeuvre artistique qui sera dévoilée ce matin, au rond point de La Jaille. Initiative du Serac (Centre de formation langue des signes en Guadeloupe, Martinique et Guyane), ce projet a été soutenu par la Ville et la Région.

Cette création de l’artiste guadeloupéen Jérôme Jean-Charles, épaulé par des personnes sourdes et mal-entendantes, est intitulée Ma sourde oreille et se veut un appel à la tolérance et à l’acceptation de nos différences.« Les personnes handicapées mènent une lutte au quotidien. Ne pas pouvoir se déplacer comme elles le souhaitent, par exemple, est une frustration, un frein à leur épanouissement. Si chacun faisait preuve de tolérance, c’est toute la société qui grandirait » , explique Sandra Dupuis, directrice du Serac. Selon elle, c’est la première fois, en France, qu’une oeuvre d’art dédiée à des personnes qui souffrent d’un handicap est installée au milieu de la circulation, en un lieu aussi passant. « C’est signe que les mentalités évoluent. Il y a quatre ou cinq ans, nous n’étions pas prêts pour une telle chose, prêts pour débattre des difficultés que vivent ces gens. C’est symbolique. Cette oeuvre est installée au coeur du centre économique. C’est une façon aussi de dire aux chefs d’entreprise, n’ayez pas peur de ces personnes, faites preuve de tolérance et d’acceptation. Les personnes handicapées, comme nous tous, ont besoin d’être intégrées professionnellement pour avoir une vie sociale, accéder à la culture, aux loisirs, ou encore aux sports » , poursuit la directrice.

UNE POPULATION MARGINALISÉE

Le handicap des personnes sourdes ne se voit pas. Mais cela n’est pas facile quand on n’entend pas, de trouver sa place dans une société qui ne fait pas beaucoup d’efforts pour communiquer avec vous. En Guadeloupe, il n’existe que deux interprètes. L’accès à l’information est réduite, les journaux ne sont ni traduits, ni sous titrés, aux urgences, dans les hôpitaux, le personnel n’est pas formé au langage des signes, à Pôle emploi, il en est de même, etc. Conséquence : cette population est marginalisée et ce, peu importe la compétence des personnes qui la composent. « Bon nombre de sourds (à toutes les étapes de leur vie) sont ainsi confrontés à la solitude, au chômage et très souvent à l’assistanat » , affirme le Serac qui regrette que peu de lycées forment à la langue des signes, qui est pourtant une option au bac. Heureusement qu’il y a eu l’avènement du numérique et plus singulièrement du téléphone portable. Grâce aux texto, aux messages WatsApp et autres applications dédiées au sourd et malentendants, la communication est rendue plus facile. Un public captif auquel ne s’intéresseraient pas les opérateurs téléphoniques qui ne leur proposent aucun tarif préférentiel. Des difficultés – et il y en a beaucoup d’autres – qui nous invitent à être plus à l’écoute des autres.


Les personnes valides et entendantes sont invitées à prêter l’oreille aux souffrances des personnes porteur d’un handicap.

L’oeuvre, pensée et réalisée en grande partie par des sourds et des malentendants, met en scène une grande oreille sculptée dans la pierre, autour de laquelle des fourmis sont au travail. Ces dernières représentent les communautés que l’on n’entend pas, que l’on ne voit pas toujours, et que nous côtoyons pourtant au quotidien. De façon subtile, ces fourmis sont la communauté sourde et malentendante, mais aussi, toutes celles et ceux qui vivent avec un handicap. Cette grande oreille représente toutes les personnes entendantes, toutes celles et ceux qui sont en capacité d’entendre.

Quel symbole ?

L’oeuvre, pensée et réalisée en grande partie par des sourds et des malentendants, met en scène une grande oreille sculptée dans la pierre, autour de laquelle des fourmis sont au travail. Ces dernières représentent les communautés que l’on n’entend pas, que l’on ne voit pas toujours, et que nous côtoyons pourtant au quotidien. De façon subtile, ces fourmis sont la communauté sourde et malentendante, mais aussi, toutes celles et ceux qui vivent avec un handicap. Cette grande oreille représente toutes les personnes entendantes, toutes celles et ceux qui sont en capacité d’entendre.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.