Pas de quoi vous payer des soins médicaux ? La CPAM du Loiret peut vous aider !

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Gepostet von Michel Loubet am Donnerstag, 8. November 2018
Comment acheter des lunettes ou des prothèses dentaires, et comment se faire soigner quand on vit avec très peu d’argent ? Une cellule de lutte contre le renoncement aux soins accompagne ces assurés sociaux en difficulté. Il suffit de le demander !

Ils avaient fait une croix sur des lunettes, une prothèse dentaire ou auditive, une visite chez le médecin… Au détriment de leur santé. Il existe pourtant des solutions. Problème : ils l’ignorent ! Voilà pourquoi une cellule départementale de la Caisse primaire d’assurance maladie du Loiret a été créée en avril 2017 pour lutter contre le renoncement aux soins.

Une aide a ainsi été proposée par téléphone à 538 Loirétains détectés depuis sa mise en place. Jusqu’à présent, 22 % (118) ont abouti à la réalisation des soins, d’autres n’ont finalement pas répondu, et d’autres encore sont en cours d’accompagnement. Concrètement, une fois détectés par les agents de la CPAM ou d’autres organismes (Pôle emploi, CCAS, etc.), ces assurés sociaux sont accompagnés pour réaliser un bilan exhaustif de leurs droits aux prestations, pour être orientés dans le système de soins (il y a de quoi s’y perdre !) et pour bénéficier d’un montage financier 

Ainsi, Anne-Laure Lepeintre fait partie des cinq agents de la CPAM à les renseigner, uniquement par téléphone sauf en cas de perte d’autonomie. Elle reçoit ainsi Michel Loubet, un Orléanais sourd de 60 ans qui lit sur les lèvres. Elle l’aide à trouver le financement nécessaire pour bénéficier de lunettes et d’une prothèse dentaire, lui qui ne vit que par une allocation handicapé de 810 euros par moisÉcoute, patience, explications… rassurent et permettent de dénouer les situations. Interview d’Anne-Laure Lepeintre, en présence de Michel Loubet.

Comment Michel Loubet a-t-il été détecté ?

Anne-Laure Lepeintre : « M. Loubet est venu passer un examen de santé au centre de la CPAM (rue Ladureau à Orléans)Mes collègues ont détecté un renoncement aux soins et ont appelé la cellule. On est venu directement le voir car on est dans le même bâtiment ».

Pourquoi Michel Loubet est-il en train de changer de mutuelle ?

A.-L. L. : « Il n’avait pas un contrat adapté. Sa mutuelle ne remboursait pas suffisamment. Il ne voulait plus la garder. J’ai regardé avec lui, il a fait faire des devis auprès d’autres mutuelles.

« En général, je conseille aux assurés de faire deux-trois devis : parfois, l’écart peut être de 50 euros par mois. »

Évidemment, il faut regarder le rapport qualité/prix, et voir ce dont ils ont réellement besoin, presque poste par poste, pour qu’ils prennent la mutuelle la plus adaptée à leur cas. Ce n’est pas moi qui choisit la mutuelle, je ne fais rien à leur place.

M. Loubet a résilié et a choisi une autre mutuelle qui démarrera en janvier. Compte-tenu de ses revenus, il bénéficie aussi d’une aide à la complémentaire santé, donc il aura une déduction de 550 euros sur un an. Cela devrait lui revenir à 37 euros par mois au lieu d’une dizaine d’euros avant. Il comprend aussi qu’il doit mettre de côté pour financer les soins. On regarde donc combien il peut mettre d’argent de côté. Aujourd’hui, il est d’accord pour faire un effort financier, mais il en attend un remboursement de ses soins le meilleur possible« .

A.-L. L. : « M. Loubet a des difficultés car il est sourd et qu’il a du mal à se faire comprendreJe l’ai accompagné dans ses démarches pour qu’il puisse choisir un ophtalmologiste via Doctolib (un site Internet où l’on peut prendre ses rendez-vous médicaux en ligne). Je lui ai aussi rédigé une lettre d’accompagnement où j’explique ses difficultés, où je dis qu’il est accompagné par la CPAM et où je donne mes coordonnées. Par exemple, il arrive souvent que des secrétaires médicales appellent un peu avant la date du rendez-vous pour une confirmation. En raison de sa surdité, M. Loubet ne peut pas les entendre. Elles peuvent donc m’appelerLa traduction s’effectue par mon intermédiaire. On communique aussi beaucoup par mails. Dans la seconde, il me répond ! Peut-être que, bientôt, on échangera par SMS ».

Où en est-il côté soins ?

A.-L. L. : « Il a eu rendez-vous avec un ophtalmo pour une ordonnance de lunettes et un dentiste. Il vient de me dire qu’il a du mal à comprendre le dentiste car il porte un masque lorsqu’il parle pendant les soins. Je lui ai expliqué que le dentiste était obligé d’en porter un. Il doit se faire arracher sept dents très abîmées. Il a un autre rendez-vous le 3 décembre pour un devis définitif. Il doit me rapporter les documents.

Si le reste à charge (déduction faite de la prise en charge par la Sécurité sociale et par la mutuelle, NDLR) était trop important, le fonds social de la CPAM et des co-financements pourraient être mis en place.

Je suis là pour le rassurer. M. Loubet préfère attendre de connaître le montant du devis de la prothèse dentaire pour savoir s’il pourra la payer avant de se faire arracher les sept dents. Il dit qu’il ne veut pas être piégé…

« M. Loubet se sent piégé par les mutuelles. Il fallait lui redonner confiance dans ces démarches. Par exemple, dans le cadre de la complémentaire santé, il bénéficie déjà d’un service plafonné. Je pense que le reste à charge ne sera pas élevé. C’est beaucoup de temps d’explications mais c’est très valorisant. En fait, c’est du temps de gagné car on arrive à l’objectif ! Je pense que je vais l’accompagner ainsi jusqu’en mars 2019″.

À quels autres freins êtes-vous confrontée ?

A.-L. L. : « Le transport. Par exemple, sur le bassin de Montargis, j’ai accompagné une jeune femme qui ne pouvait se rendre chez un médecin car elle n’avait pas de moyen de transport. On est passé par BlaBlaCar et elle a eu son rendez-vous. J’ai senti au téléphone qu’elle adhérait à cette proposition. On peut atteindre l’objectif final par des biais différents que l’on adapte suivant la personne, son degré d’autonomie. Nous leur proposons des solutions qui peuvent passer par de nouvelles technologies mais on ne fait pas à leur place. Quand on les rappelle après les soins, ils sont presque fiers d’eux. On leur a remis le pied à l’étrier. »

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