Comment SIGNE veut faire tomber les barrières du handicap

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Informer les entreprises sur le handicap pour sensibiliser et faire tomber les barrières du recrutement : tel est le pari de la Scop SIGNE qui va être créée à Montpellier en novembre et sera accompagnée par l’incubateur Alter’Incub. Son autre ambition : faciliter l’accueil et l’intégration des personnes sourdes et malentendantes dans les entreprises.

Roland Cholet va créer sa société en novembre, sous statut de Scop. Probablement hébergée au pôle Réalis (pépinière de l’ESS) à Montpellier, SIGNE sera incubée au sein de l’incubateur d’innovation sociale montpelliérain, Alter’Incub. Elle ambitionne de faire tomber les barrières du handicap dans l’entreprise. Roland Cholet y travaille depuis un an.

« Dans les entreprises, le recrutement de travailleurs handicapés est souvent observé du côté des travailleurs et non des entreprises, explique-t-il. Notre objectif est d’aborder l’intégration des handicapés sous un angle global, décloisonnant la question du handicap… Nous invitons donc les entreprises à voir comment employer des personnes en situation de handicap peut être non pas une contrainte mais un atout. Par exemple, un poste de développeur informatique requiert une grosse concentration et de rester assis toute la journée. Ces caractéristiques conviennent très bien à un autiste Asperger… Pour les responsables de ressources humaines, ça peut être une solution de diversité s’ils arrivent à passer l’a priori de difficulté. »

TH ou café ?

Comment recruter un travailleur handicapé, quel poste lui donner, comment va-t-il participer au développement de l’entreprise ? Telles sont les questions auxquelles se proposent de répondre les séquences d’information appelées « TH ou Café ? » (TH pour travailleurs handicapés). Missionnée par la Direccte Occitanie et labellisé PRITH (plan régional pour l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés), SIGNE propose de réunir tous les acteurs afin de répondre aux interrogations des entreprises sur l’emploi d’un travailleur handicapé.

« Grâce aux cofinancements publics, les TH ou café sont gratuits pour l’entreprise qui vient chercher de l’information, précise Roland Cholet. Le 5 septembre, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a annoncé la refondation de l’OETH (obligation d’emploi de travailleurs handicapés, NDLR) : l’emploi direct sera privilégié, et la tolérance qui existait jusqu’à présent pour les entreprises de 2 à 5 salariés ne sera plus. L’OETH concernera donc aussi les PME. Pour les petites entreprises, la pénalité peut aller de 3 € à 19 € par an. Avec SIGNE, nous essayons de travailler sur les moyens de dépasser les contraintes et sur l’adaptation du poste. »

Chaînon manquant

L’autre axe de travail de SIGNE, c’est de faire en sorte que les conseillers clients et personnels d’accueil des entreprises soient formés à l’accueil des personnes sourdes et déficientes auditives. Pour ce faire, l’entreprise propose de dispenser la formation permettant d’obtenir une « certification de l’Epée » (du nom de l’abbé de L’Epée précurseurs de l’enseignement spécialisé dispensé aux sourds et inventeur du langage des signes).

« Il s’agit tout simplement de créer un lien entre le monde des valides et celui des personnes handicapées, déclare Roland Cholet. Nous proposons de dispenser une initiation à la langue des signes (ou « LSF » – NDLR) aux salariés en lien avec du public ou une clientèle afin de pouvoir accueillir et orienter des sourds et déficients auditifs, ou aux salariés qui sont en contact avec des salariés sourds. Ainsi, les entreprises certifiées sont référencées et les sourds savent où s’orienter. Il faut savoir qu’on compte 588 sourds et déficients auditifs en Occitanie, 4 millions en France. Nous voulons être le chaînon manquant entre le rien et l’interprète LSF… Par exemple, nous travaillons sur ce sujet avec Le Crédit Agricole ou la Caisse d’Épargne. C’est du gagnant-gagnant ! »

D’ores et déjà éligible au compte personnel de formation (CPF) et référencée par le Carif-Oref Occitanie (anciennement Atout Métiers en Languedoc, outil partagé de l’État, de la Région et des partenaires sociaux pour l’observation et l’information sur la formation professionnelle, les métiers et l’emploi en région), la certification coûte 29 € par personne et se dispense en une journée par groupe de huit à dix personnes.

« Nous commençons par l’Occitanie et notre objectif est de travailler sur toute la France afin d’avoir une vraie force de lobby pour faire bouger les choses », ajoute Roland Cholet.

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