La langue des signes pour communiquer

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Catherine et Joëlle débutent dans l’apprentissage de la LSF. Une démarche pour pouvoir communiquer avec Émélie, leur petite-fille et petite-nièce de neuf mois détectée sourde.

Les cours de l’association Fais-moi un signe ont repris. Chaque année, les personnes, souvent confrontées à la surdité, sont de plus en plus nombreuses à faire la démarche d’apprendre cette langue.

« Je suis sourd, je n’entends pas le bruit du vent, des oiseaux, de la pluie [… ] mes mains sont le point qui me relie au monde. Je les utilise pour parler, pour écrire, pour me faire comprendre et exprimer mes pensées… »

Colette Martins illustre de ce témoignage la présentation de l’association Fais-moi un signe, qu’elle préside et qui a vocation, depuis 2005, d’enseigner la langue des signes française (LSF), « une langue complexe, riche, voire poétique ».

Chaque année, quelque cinquante personnes suivent les cours, du niveau 1 au niveau 4, dispensés par des professionnels.

25 nouveaux élèves

Depuis la rentrée de septembre, un deuxième cours de niveau 1 a été créé, conséquence de l’arrivée de 25 nouveaux élèves. Du jamais vu ! Si quelques-uns sont là par envie d’ajouter une nouvelle langue à leur registre, la plupart des élèves viennent par nécessité. Confrontés à la surdité, personnellement ou parmi le cercle familial ou professionnel, ils ont besoin de la LSF pour rester ou entrer en communication.

Aujourd’hui âgée de 9 mois, Émélie a été détectée sourde à un mois et demi. Le choc surmonté, ses parents domiciliés sur le secteur d’Héricourt ont entrepris toutes les démarches pour qu’Émélie soit prise en charge. Et apprennent la LSF à Belfort, y entraînant leurs trois aînés et la nounou du bébé. « La petite est sourde, mais elle est là », positive Catherine, sa mamie. Laquelle et Joëlle, sa grand-tante, participent au cours débutant de Martine Berger. « On fera tout pour qu’Émélie ait une vie normale », s’enthousiasme Catherine avec optimisme.

Depuis deux ans, Martine Berger conduit, dans la bonne humeur, un cours dynamique à la grande satisfaction des apprenants impatients d’entrer en communication par ce langage. « On en a besoin, on répète à la maison, on utilise internet pour aller plus vite même si c’est déconseillé », raconte Michel accompagné de son épouse. Ghislaine a perdu l’usage de la parole et 75 % de l’audition, suite à une lourde intervention chirurgicale. Pour pallier l’absence de moyens naturels de communication, le couple a d’abord utilisé l’ardoise. « On veut communiquer plus spontanément et, avec l’extérieur de façon moderne et discrète », ajou te Michel qui souligne la bonne ambiance du cours. « On a affaire à des gens sympathiques, ça donne l’énergie pour continuer. » Ghislaine acquiesce.

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