Mieux accueillir les sourd(e)s et malentendant(e)s à l’hôpital

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Le centre interfédéral pour l’égalité des chances, veut améliorer l’accueil des personnes sourdes et malentendantes dans le secteur des soins de santé. Sont visés notamment les lieux de soins hospitaliers où l’on devrait améliorer aussi les dispositifs de communication entre le personnel de santé, médecins et infirmiers(es), et patients sourds et malentendants.

Différents types de difficultés

Plusieurs signalements témoignent des difficultés rencontrées par les patients sourds et malentendants. Pour Patrick Charlier, d’UNIA, leur contenu permet de mieux cerner les difficultés rencontrées : « On a eu un cas relativement récent de quelqu’un qui était dans la salle d’attente, on a appelé son nom et comme elle ne l’a pas entendu, elle a perdu son tour et a dû reprendre un rendez-vous…tout ça parce qu’on ne se rend pas compte évidemment qu’il n’y a pas de possibilité de répondre à son nom« .

Mais les plaintes portent aussi les relations de soins avec le personnel soignant : « la difficulté de comprendre le diagnostic ou le traitement. Contrairement à une perception courante, on pense que les personnes sourdes ou malentendantes peuvent communiquer par l’écrit mais il y a des personnes qui ont des difficultés à l’écrit liées à leur surdité, à l’apprentissage qu’ils ont eu de la langue« .

Seuls 30% des hôpitaux prévoient un dispositif particulier

70% des hôpitaux consultés par UNIA n’ont prévu aucun dispositif d’accueil spécifique. Un sondage réalisé en ligne par le centre interfédéral pour l’égalité des chances dévoile que seuls 30% des hôpitaux ont mis en place un dispositif d’accueil pour les personnes sourdes et malentendantes. Dans la grande majorité des cas, ils comptent sur leurs ressources internes pour faire face aux besoins spécifiques de ces personnes. Parfois ils comptent même sur les ressources des patients eux-mêmes, en faisant appel à un membre de leur entourage direct.

Pour Patrick Charlier, cela peut poser d’autres problèmes notamment de confidentialité : « si vous êtes une jeune fille sourde et que vous allez chez le gynécologue, il y a des questions qui touchent à votre intimité et qui nécessitent de la discrétion, donc ce n’est pas une solution idéale non plus ».

Des dispositifs d’accès au langage des signes

Pour UNIA, il faut privilégier l’accès au langage des signes, soit par une présence effective d’un(e) interprète sur le terrain durant les heures d’ouverture de l’hôpital, soit en recourant à des dispositifs existants par visioconférence. Cette façon de faire existe déjà dans de nombreux hôpitaux pour permettre des traductions dans la langue des patients traités.

Une option existe aussi pour le langage des signes mais elle n’est pas pratiquée de manière systématique. Cette formule suppose de disposer de l’équipement nécessaire et de planifier les rendez-vous en coordination avec le service chargé de la gestion des traducteurs.

Un accueil plus professionnel

Pour UNIA, il n’est pas normal que sourds et malentendants soient soumis au stress et aux risques de mauvais diagnostic. Le secteur des soins de santé doit aborder la problématique de l’accueil des sourds(es) et malentendants de manière professionnelle en élaborant des lignes directrices et des codes de conduite. Il s’agit d’un aménagement raisonnable obligatoire pour répondre à la législation antidiscrimination et à la Convention des Nations-Unies sur les droits des personnes handicapées.

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