Hommage à Antoine Prigent

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En hommage au sculpteur brestois sourd, mort en 1965, une rue Antoine-Prigent sera inaugurée, ce samedi, dans le quartier de Saint-Marc. Une action saluée par le collectif des sourds du Finistère qui multiplie les actions mais déplore que « cette communauté reste encore quasi invisible pour les entendants », comme l’explique son président Éric Pineau. 

Quel est l’objectif du comité des sourds du Finistère ?

Créé en 2006, il regroupe quatre associations. L’idée est d’organiser des animations, activités culturelles et autre visites guidées mais aussi et surtout de sensibiliser la population et être présent dans les instances traitant par exemple de l’accessibilité dans les communes. Le collectif compte aujourd’hui plus de 90 membres.

Une rue Antoine-Prigent, c’est une fierté ?

Oui, bien sûr. C’est une reconnaissance pour sa famille. Peu connu de son vivant, Antoine Prigent est sorti de l’ombre grâce à la ténacité de sourds locaux et de son petit-fils Jean Paugam à l’occasion d’une conférence en 2011. La pose d’une plaque portant son nom est une nouvelle étape et un symbole fort à l’occasion de la Journée mondiale des sourds.

Eric Pineau, président du collectif des sourds du Finistère

Pourquoi ça n’a pas été fait avant ?

Son petit-fils a essayé. Une première demande a été formulée en 2008 mais elle s’est soldée par un refus. Un nouveau dossier avait été déposé en 2013 mais il a échoué. C’est grâce au soutien de l’élue UDB (Union démocratique bretonne) Anne-Marie Kervern que les choses ont avancé positivement. Une troisième demande a enfin été validée en décembre 2016.

Outre le fait qu’il soit sourd, qui était Antoine Prigent ?

Un homme au talent incroyable. Sculpteur, ébéniste et ivoirier, il a été médaille d’or à l’exposition internationale de Paris en 1937 pour la réalisation d’un coffre à bijoux, baptisé le Château des rêves, qui lui a demandé cinq ans de travail. On peut dire que c’est l’œuvre de sa vie. Il a également obtenu le Grand prix d’honneur au concours Lépine l’année suivante. Né à Brasparts, il n’a pas pu être scolarisé au début de son enfance. Il est finalement entré dans une institution en 1913 où il a appris le métier de sculpteur sur bois. Il s’est installé à Brest en 1919 avec son épouse Marie Guillou, également sourde muette. On lui doit de nombreuses maquettes, comme le pont tournant de Recouvrance aujourd’hui exposé au musée des Beaux-Arts de Brest ou encore le Navire école Borda qui avait été offerte au général de Gaulle lors d’un passage à Brest.

Pratique

Inauguration de la rue Antoine-Prigent, ce samedi, à 14 h, en présence de son petit-fils et des autorités. Dépôt d’un bouquet sur sa tombe au cimetière de Recouvrance, à 15 h 30. Expo photos sur sa vie et son œuvre, gratuite et ouverte à tous, à la Baraque de Bellevue, de 16 h à 18 h, suivie d’un apéro signes au Foyer Paul-Burkel.

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