Elle dénonce un refus de soins pour sa fille sourde

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Manuella, une habitante du pays d'Auray, a déposé plainte contre un praticien, pour refus de soins

Elle même atteinte de surdité, une habitante du pays d’Auray a déposé plainte contre un orthodontiste qui aurait refusé des soins à sa fille. Le praticien parle d’une incompréhension.

La polémique

Incompréhension ou refus de soins ? Début juin, Manuella, une habitante de Plumergat, a déposé plainte auprès de la gendarmerie d’Auray contre un orthodontiste morbihannais, pour refus de soins. Parallèlement, elle a adressé un courrier à l’ordre national des chirurgiens-dentistes, à Vannes. Sa fille, âgée de 10 ans et présentant une surdité profonde, avait rendez-vous, début juin, chez un praticien en vue d’un appareil dentaire.

Un interprète pourtant présent

« Ma belle-mère a appelé en octobre pour prendre le rendez-vous, en expliquant que sa petite-fille et moi-même sommes sourdes », indique Manuella.Sa belle-mère précise au cabinet qu’il est « possible de communiquer » avec la maman à l’oral« en parlant doucement et en articulant ». Un premier rendez-vous a lieu le 24 janvier. Le praticien « ne faisait pas d’effort et semblait perdre patience, estime la maman de la patiente. Pour le deuxième rendez-vous, j’ai engagé un interprète. » Il se déroule début juin.

Orthodontiste, fillette et interprète entrent dans le cabinet. La maman reste en salle d’attente. Le praticien ressort après un moment. Il « a dit ne pas pouvoir poursuivre les soins dans de telles conditions » car «le soin passe par la communication directe ». La maman, « anéantie », annule les deux rendez-vous suivants. « Pour la première fois de sa vie, ma fille se sent rejetée par la société. »

Contacté, l’orthodontiste regrette « un malentendu » et « une incompréhension ».Le praticien indique que ce second rendez-vous a pour objet la prise d’éléments de diagnostic pour établir un traitement. De son point de vue, l’interprète aurait dû être présent non ce jour, mais « au 3e rendez-vous, d’explication et présentation du traitement ».

L’orthodontiste exerce depuis quarante-trois ans en cabinet libéral. Elle a occupé un poste d’hospitalo-universitaire, puis de praticien hospitalier au CHU de Pontchaillou, à Rennes« J’ai eu l’occasion de soigner des patients sensibles, tels des enfants trisomiques, des enfants autistes, des malentendants. » Lors du rendez-vous« seule, j’arrive à capter l’attention de l’enfant ». Là, « l’enfant a été captée » par l’interprète et « n’avait aucun regard vers moi, détaille-t-elle. Je me suis sentie dépossédée de la relation. Faire des empreintes sur quelqu’un qui ne me regarde pas, je ne sais pas faire. »

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