Des assistantes maternelles se forment à la langue des signes

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Les stagiaires, toutes assistantes maternelles, ont été formées à la LSF par Véronique Bidoc (debout).

Vanessa Gibout, qui habite à Reims dans le quartier Sainte-Anne, exerçait le métier de coiffeuse avant de donner naissance à son premier enfant« Lors de mon congé parental, j’ai décidé de changer de voie, pour voir ma fille grandir. J’ai choisi de devenir assistante maternelle et d’accueillir chez moi, à la journée, d’autres enfants », raconte la jeune femme. Si, jusque-là, elle gardait deux jeunes enfants à son domicile, elle en accueillera trois à la rentrée de septembre. « J’adore ce métier car il permet de se sentir utile. Les enfants apportent aussi tellement de joie ! »

Pour être davantage à l’écoute des enfants qui lui sont confiés, et mieux répondre à leurs attentes, Vanessa Gibout n’hésite pas à suivre des formations. Au Creps de Reims, elle vient de terminer une initiation à la langue des signes fraaise (LSF). « Je peux désormais accueillir à la maison des enfants malentendants. Et je ne cache pas que cela m’intéresse de savoir signer car ma fille de 12 ans et demi a une perte d’audition de 30 %. À ce jour, elle n’a pas besoin de communiquer en LSF mais cela arrivera peut-être un jour… », indique-t-elle.

Proposée pendant trente-cinq heures par l’organisme Ages Formation, cette initiation a été dispensée à Reims par Véronique Bidoc. Toutes les assistantes maternelles qui l’ont suivie reconnaissent que la LSF n’est pas facile à apprendre et qu’elle réclame beaucoup de concentration.

« C’est compliqué mais, au bout de 35 heures, on a déjà quelques notions. Personnellement, j’apprends mieux quand je travaille en musique et cette formation s’est déroulée dans la bonne humeur », note Vanessa Gibout.

La Sparnacienne Virginie Lesage, qui par le passé a déjà pris en charge deux enfants malentendants, se dit ravie de cette formation. « Il n’y a rien de plus frustrant que de ne pas pouvoir communiquer avec un enfant. Grâce à la LSF, je vais désormais pouvoir comprendre les enfants malentendants que j’accueillerai chez moi. »

«Eviter des problèmes de dyslexie»

Nathalie Deville, qui a un petit-fils sourd profond de 3 ans et demi, estime pour sa part que la LSF devrait, dans les crèches et à la maternelle, être enseignée à tous les enfants, sans exception. « Beaucoup d’enfants très jeunes signent avant de savoir parler. Communiquer avec eux en LSF, en parallèle du langage oral, éviterait sans doute des problèmes de dyslexie », estime l’assistante maternelle. Stéphanie Delcombel, responsable département chez Ages Formation, qui a de son côté assuré au Creps de Reims une formation sur les troubles alimentaires chez l’enfant, tient à rappeler que les assistantes maternelles exercent un véritable métier même si, « malheureusement, elles ne sont pas encore assez reconnues ».

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