Elles adaptent des spectacles en langue des signes

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Vendredi, lors du concert des Weepers Circus, à Maizeroy, les enfants de l’Institut des jeunes sourds de Metz ont savouré la prestation grâce à Séverine Michel-George et Rachel Fréry.

Séverine Michel-George et Rachel Fréry ont créé l’association « Deux mains sur scène ». Vendredi et samedi, elles étaient au festival La Remorque du Pat, à Maizeroy. Leur spécialité ? L’adaptation des spectacles en langue des signes.

L’association Deux mains sur scène est très récente…

« Oui, nous l’avons créée il y a un mois. Mais nous travaillons sur ce concept depuis près de huit ans. Le siège est en Alsace. »

D’où est née cette idée ?

« Nous sommes toutes deux interprètes en langue des signes depuis dix-huit ans. Nous aimons le monde des spectacles, les concerts… Depuis notre rencontre, nous avions envie de nous tourner vers des projets artistiques. Sortir de l’institutionnel. »

Comment travaillez-vous ?

« Chaque prestation demande un important travail de préparation, à quatre mains autant que possible. Nous étudions les textes des artistes sur des versions CD des chansons. Et puis après, sur scène, nous nous adaptons, en laissant parfois la place à l’improvisation. »

Peut-on traduire littéralement les chansons ?

« Non, chaque langue a ses particularités, et la langue des signes ne fait pas exception. Nous ne parlons pas de traduction, mais d’adaptation. Cela nous laisse d’ailleurs davantage de liberté, pour travailler sur l’esthétique des signes par exemple, et pour nous rapprocher de la poésie. Nous sommes attachées à la musicalité, à l’importance de rendre une image, un sens, et ce dans un format très court. Et nous bougeons sur scène, afin de rendre la musique plus lisible. »

Y a-t-il des textes que vous ne pourriez pas adapter ?

« Ceux des humoristes. C’est très compliqué d’adapter une blague, un jeu de mots ou une référence culturelle. En revanche, nous aimerions nous tourner davantage vers le théâtre. »

Les personnes malentendantes viennent néanmoins peu aux concerts…

« Oui, c’est pour cela que les salles hésitent à nous faire venir. Car c’est forcément un coût supplémentaire, que les directeurs ne sont pas sûrs de rentabiliser. Mais notre objectif est vraiment de faire partager la musique à ceux qui n’y ont pas accès. Nous avons rencontré des gens qui ont ainsi découvert le plaisir d’un concert. Et de vivre cette émotion avec d’autres. Ce sont toujours des moments très forts, et nous aimerions ne plus faire que ça. Reste à nous faire connaître, pour pouvoir, ensuite, davantage tourner et demander des subventions. »

Certains y croient…

« Oui, comme le directeur de l’Eden, à Mulhouse, ou Boris Kuffler, de La Remorque du Pat. Certains festivals proposent des boucles magnétiques, mais elles n’incluent pas tous les publics malentendants. »

Retrouvez Deux mains sur scène sur facebook ou deuxmainssurscène@gmail.com

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