Une consultation médicale dédiée aux personnes sourdes et malentendantes à Nancy

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Isabelle Bouillevaux, médecin généraliste en compagnie de Jean-Louis et Claude, pratique la langue des signes

600 patients de toute la Lorraine sont suivis par l’Unité régionale d’accueil et de soins pour sourds et malentendants de Nancy. L’URASSM fait partie des 18 antennes présentes en France. Elle répond à de réels besoins.

C’est à se demander comment Jean-Louis, de Richarménil, et Claude, de Vandoeuvre prenaient soin d’eux avant. Lui est malentendant, elle est sourde profonde. Avant quoi ? Avant la création en 2003 de l’URASSM à Nancy, l’Unité régionale d’accueil et de soins pour sourds et malentendants, basée à l’hôpital Saint-Julien.

« Ça m’est arrivé d’être face à des médecins qui me disaient certaines choses, je pensais avoir compris mais ce n’était pas le cas », raconte Jean-Louis par l’intermédiaire de Nicolas Rigaud, interprète en langue des signes« Certains médecins ne font pas forcément l’effort d’articuler et c’est parfois très difficile de lire sur les lèvres. Avec les médecins de l’URASSM, je n’ai plus besoin de solliciter mes proches, je peux être autonome. » Un avant et un après confirmé par Claude : « Je serais vraiment en colère si je devais retourner voir le médecin que je voyais avant exclusivement ».

« Enorme incompréhension »

L’URASSM est composée de six personnes : deux médecins généralistes, une infirmière, une intermédiatrice, une secrétaire et une assistante sociale. La plupart pratique la langue des signes. Ces unités ont été créées dans les années 90, en lien avec le sida. « On s’est rendu compte que lorsqu’on disait qu’elles étaient séropositives à des personnes sourdes, elles ne retenaient que cette partie « positive » et pensaient que c’était une bonne nouvelle », indique le Dr Isabelle Bouillevaux, médecin généraliste.

« Il y a eu une énorme incompréhension et le taux de contamination a continué d’augmenter chez les personnes sourdes alors qu’il diminuait chez les entendants. C’est à ce moment qu’a été créée une unité VIH spéciale pour les personnes sourdes. On s’est aussi rendu compte qu’elles avaient plein d’autres problèmes de santé qui n’étaient pas pris en charge », poursuit-elle.

1 200 consultation par an

A l’URASSM, le secrétariat prend les rendez-par SMS, mail ou fax. Ils durent plus longtemps que des rendez-vous « classiques » : entre trois-quart d’heure et une heure. L’unité peut aussi organiser une consultation chez un spécialiste. Dans ce cas, Nicolas Rigaud accompagne les patients. Mais qu’en est-il du secret médical ? Il s’en explique : « Je ne prête pas le serment d’Hippocrate mais en tant qu’interprète, je suis soumis à un code de déontologie. La neutralité, la fidélité au message qu’on traduit – on enlève rien et on n’ajoute rien – et le secret professionnel ».

L’Unité régionale d’accueil et de soins pour sourds et malentendants suit près de 600 patients lorrains. Elle assure 1.200 consultations par an à Nancy, mais aussi à Epinal et Metz ou elle assure des permanences.

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