Faute d’effectifs, la seule classe bilingue langue des signes française – français écrit du département fermera en juin.

C’est la fin d’une courte aventure à l’école élémentaire Georges Valbon de Bobigny. Ouverte à la rentrée 2014, la seule classe bilingue en langue des signes française – français écrit fermera ses portes en juin, sur décision de l’Education nationale.

« Cette classe accueillait quatre élèves. Mais à la rentrée prochaine, trois entrent au collège, et la quatrième élève change d’établissement. Nous n’avons donc aucune raison de laisser cette classe ouverte. Mais si, à l’avenir, il y avait de nouvelles demandes, on y répondrait bien évidemment », explique-t-on du côté de la direction académique.

A Bobigny, ces quatre enfants sourds suivaient un cursus dit « bilingue LSF (langue des signes française). Dans ces classes, tous les cours sont dispensés en langue des signes.

« Le projet était de remplir cette classe en deux ans, explique Angélique Gomez, enseignante LSF à Bobigny. Mais les besoins de ces enfants ne sont pas reconnus. Et la plupart des familles d’enfants sourds se voient conseiller un cursus en classe orale. »

Car les parents d’enfants sourds ont le choix : inscrire leur enfant en classe bilingue LSF, ou orale, où les élèves doivent s’en remettre à la lecture labiale. « Avec l’enseignement par l’oral, les enfants rencontrent plus de difficultés de compréhension qu’avec la langue des signes. Et donc leur apprentissage du français écrit est plus complexe. Ça engendre de l’illettrisme », déplore Angélique Gomez.

Exil des familles

Cette classe bilingue LSF étant la seule du département, les familles seront contraintes de s’exiler pour permettre à leur progéniture de poursuivre leur scolarité. Vincent est l’un des quatre élèves de l’école Valbon. En septembre, il entrera au collège.

« Mon fils et ses deux camarades vont entrer en 6e au collège du Luzard, à Noisiel (Seine-et-Marne), où il existe un parcours bilingue LSF pour les élèves sourds. Les autres options qui s’offraient à nous étaient l’INJS (Institut national des jeunes sourds) à Paris ou un déménagement à Toulouse, Poitiers ou Lyon, villes où se trouvent des filières complètes en LSF pour les élèves sourds de la maternelle au lycée », explique sa mère, Catherine Vella.

Ces problématiques sont même remontées jusqu’aux oreilles du gouvernement, via une question écrite d’Alexis Corbière, député FI de Montreuil et Bagnolet. « La fermeture de la classe bilingue LSF reflète le manque d’ambition de l’État en ce qui concerne la scolarisation des jeunes sourds en Seine-Saint-Denis. On n’a pas assez informé les parents sur les possibilités pédagogiques offertes à leurs enfants par cette classe. C’est regrettable, car il s’agit là d’un choix politique », déplore-t-il. Quant à sa question écrite, elle reste encore sans réponse.

 

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