La pétanque pour les sourds, un havre de paix à Rennes

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La compétition a débuté samedi matin, les joueurs se donnent des conseils par signes et espèrent tous gagner le titre de champion de France.

À Rennes, tout le week-end se tient le championnat national de pétanque des sourds. Femmes comme hommes, de Bastia à Brest ils espèrent gagner le titre.

« Le championnat à Rennes, c’est une première » traduit Mohamed l’interprète. Le parc de Bréquigny, à Rennes, est le centre de la pétanque pour les sourds, tout le week-end. En effet, 35 clubs se sont déplacés de Bastia à Brest en passant par Nice, Bordeaux, Metz… Pour tenter de devenir champion de France.

C’est le 38e championnat national de pétanque pour sourds en doublette pour homme et le 44e championnat national de pétanque doublette féminin « les femmes ont commencé avant nous en compétition » signe Hervé Bouffort, vice président du club sportif des sourds de Rennes. Mais elles sont moins nombreuses, en effet pour la compétition seules 60 sont engagées contre 222 chez les hommes.

« Le mime c’est la base »

Sur les terrains, les 282 engagés disputent des parties effrénées dans un silence de rêve… Les discussions se font au rythme des gestes et des œillades.

Ici, presque tout le monde est malentendant, y compris les spectateurs et les bénévoles pour les buvettes. Les arbitres sont parfois entendants « on se fait comprendre par les gestes même si on ne connaît pas la langue des signes ». Mohamed ironise « le mime est la base de la langue des signes… C’est parfois mieux qu’un interprète ».

Gino et Philippe sont licenciés à Toulouse.

Bien sûr on n’entendra pas le fameux « tu tires ou tu pointes ? » mais la connivence est de mise, comme celle de Philippe et Gino, ils sont licenciés à Toulouse et tous les deux « à la fois tireur et pointeur ». Philippe « habite à Argentré-du-Plessis et joue à Domalain ». Il prend sa licence depuis plusieurs années à Toulouse. La pétanque ne fait-elle pas voyager ?

C’est un sport sérieux, Philippe s’entraîne deux fois par semaine. Puisqu’il fait de la compétition il a acquis un bon matériel : trois boules demi-tendre en carbone, de 690 grammes. Pas données « entre 80 et 300 €. C’est précieux ».

Après chaque compétition il les lave avec une préparation « de vinaigre blanc et de bicarbonate ». Sa panoplie se complète par un mètre, un chiffon et un but (cochonnet).

« Une grande entente »

Pascal et Joël, eux sont Rennais, ils ont été champions de France en doublette il y a 3 ans « on espère bien gagner ici, chez nous ». Ils jouent depuis 20 ans ensemble, l’un est pointeur l’autre tireur et dans leurs yeux on sent « une grande entente ».

Le rêve de ces quatre joueurs est de « jouer les finales ensemble… »

Finales ce dimanche matin, complexe sportif de Bréquigny, 12 boulevard Albert 1er.

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