Dialoguer sans user du langage des signes, pallier une déficience visuelle, répertorier des lieux accessibles en fauteuil ou des toilettes adaptées… Des applications sont aujourd’hui développées sur les téléphones pour répondre aux besoins les plus simples des personnes en situation de handicapQuand le téléphone devient philanthrope.

Même si des efforts sont faits, nos sociétés s’adaptent encore trop peu aux handicaps : ceux qui se voient et ceux qui passent inaperçus de prime abord. Des transports, des lieux publics, des toilettes tout simplement restent toujours difficilement accessibles aux fauteuils roulants. Comment téléphoner, tenir une conversation de groupe quand on est sourd, malentendant et/ou muet avec des entendants qui ne parlent pas la langue des signes ?

Certains ont décidé d’accompagner au quotidien ces personnes en leur proposant des solutions via des applications. Une manière d’adapter la ville, les transports, les échanges en société au handicap de chacun et non l’inverse. Ces applications sont aussi utiles aux parents avec des poussettes, à une personne avec des béquilles comme aux personnes âgées. Voici notre sélection d’applications aujourd’hui disponibles.

Ava pour « accessibilité audiovisuelle »

Sourds, malentendants, muets, difficile de communiquer avec n’importe quel interlocuteur entendant au quotidien. Et la situation devient d’autant plus problématique lors d’une conversation de groupe. Comment comprendre même en lisant sur les lèvres plusieurs personnes qui parlent en même temps sans user du langage des signes et comment se faire entendre ? Une application nommée « Ava«  pour « Accessibilité audiovisuelle » vise à y remédier.

Comment ça marche ? Par l’intermédiaire du téléphone, elle permet de sous-titrer en temps réel les paroles de quelqu’un grâce à la reconnaissance vocale. Il suffit de se connecter à l’appli, partager une conversation avec un ou plusieurs de ses contacts ou tout simplement parler devant le téléphone. Au fur et à mesure de la conversation, les paroles des interlocuteurs sont retranscrites. Cet outil peut aussi être utile pour remplacer un appel téléphonique.

Après essai à la rédaction de TV5MONDE, nous avons pu constater que la retranscription était rapide et assez fidèle bien qu’encore imparfaite. Ce service aujourd’hui disponible en anglais et en français pourrait être développé à terme dans d’autres langues.

A l’origine d’Ava, un jeune Français

Thibault Duchemin, 26 ans, seul entendant d’une famille de malentendants. Pendant longtemps, il a fait le lien entre ses parents, sa soeur et le monde des entendants. C’est en voyant sa soeur entamer ses études de droit que cet étudiant des Ponts et chaussées et de Berkeley a décidé avec des confrères de créer cette application pour faciliter ses échanges avec ses professeurs, notamment. « Cette population sourde et signante rencontre des problèmes de communication dans une société faite par les entendants« , expliquait-il récemment sur le plateau de nos confrères de France24. « L’idée est de permettre à une personne sourde et muette de converser de manière la plus fluide possible avec des entendantsNotre mission, c’est dans 10 ans de permettre aux 400 millions de personnes sourdes et malentendantes dans le monde d’avoir une accessibilité 24h sur 24. »  Ce service est gratuit jusqu’à 5 heures d’utilisation par mois. Au delà, il faut débourser 30 euros.

 

RogerVoice, téléphoner quand on est sourd

Une autre application du même genre, s’est spécialisée, elle, dans la retranscription instantanée des conversations téléphoniques pour malentendants : « RogerVoice » pour que « réserver une table au restaurant, prendre rendez-vous avec un banquier ou échanger un billet de train ne relève du parcours du combattant. Cela ne doit plus nécessiter un déplacement systématique pour le malentendant », peut-on lire sur leur site internet.

Le service est gratuit entre utilisateurs de l’application. Mais pour joindre d’autres interlocuteurs, il faut souscrire à un abonnement.

A l’origine de ce projet, un jeune franco-américain sourd depuis l’âge de 2 ans : Olivier Jeannel. Après avoir grandi en Californie où il bénéficiait de services adaptés, il poursuit ses études à Science Po Paris. Déception : « aucun service de relais téléphonique pour les malentendants, pas de communication adapté en salle de classe ». Alors qu’il commence sa carrière dans les télécoms, c’est le logiciel de reconnaissance vocale de l’iPhone d’Apple, Siri, qui va lui donner l’idée de « RogerVoice ». Son nom fait référence à la réponse « roger », signifiant « bien reçu » lors d’échanges radio.

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