Une initiation gratuite à la langue des signes a été proposée hier

0
58
Anaïs Maquin a, en fin d’initiation, montré les gestes qui correspondaient aux mots donnés par les élèves.
L’association ELFS a vocation à démocratiser la langue des signes. Des cours et des stages pourraient se mettre en place en 2016.

«J’ai arrêté d’être interprète car j’étais frustrée que les sourds ne puissent pas communiquer directement avec les gens comme nous on le fait au quotidien. L’idéal, c’est que plus de monde connaisse la langue des signes. »

Utile pour les personnes sourdes, mais aussi âgées ou encore les enfantsAnaïs Maquin, de l’association École de langue française des signes (ELFS), qui donne déjà des cours à Bourges et Châteauroux (Indre), a proposé hier à la plateforme de formation de la rue Pierre-Sémard, une initiation à la langue des signes gratuite, dans le but de voir si des habitants pouvaient être intéressés par des cours dans l’année.

En travaillant dans l’aide médico-psychologique, elle s’est rendu compte que cette langue visuelle pouvait servir aussi à des personnes handicapées afin d’« instaurer un dialogue » plus facilement, à des personnes âgées qui ont des difficultés à parler, ou encore aux enfants, pour « se faire comprendre » sur des besoins simples avant même de connaître des mots.

S’étaient inscrites une vingtaine de personnes, toutes des femmes, dont la plupart se disaient simplement « curieuses » de découvrir un nouveau monde, quand d’autres, dans le cadre de leur travail, se sentaient démunies de ne pas pouvoir communiquer avec des personnes sourdes.

« À partir de combien de temps on peut vraiment s’exprimer ? », a demandé une jeune psychologue qui souhaite « signer » au travail. « Il n’y a pas vraiment de règle, a répondu la formatrice. À partir du moment où vous montrez que vous voulez essayer de vous exprimer en langue des signes, la personne sourde sera réceptive et patiente, car elle appréciera énormément la démarche, plutôt rare. »

La langue des signes est une pratique de précision. L’emplacement, le mouvement et l’orientation des mains sont cruciaux pour se faire comprendre (et ne pas dire sans faire exprès un autre mot !), autant que l’expression du visage. « Les plus timides sont méconnaissables à la fin de l’apprentissage », assure Anaïs Maquin. Après avoir passé en revue le respect de certaines règles, les participantes ont trouvé la main « dominante » avec laquelle elles étaient le plus à l’aise pour signer, et ont essayé d’épeler leur prénom avec les gestes des lettres de l’alphabet. Si les volontaires restent aussi motivées qu’hier soir, il se peut bien qu’il y ait des cours prochainement sur Vierzon.

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.