Les assistantes maternelles apprennent la langue des signes

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Le formateur Rémy Piat apprend à signer à l’assistante maternelle Yasmine Lefebvre.
Depuis trois semaines, des assistantes maternelles se réunissent chaque samedi à Mehun-sur-Yèvre, pour apprendre la langue des signes.

C’est une initiative de Yasmine Lefebvre, assistante maternelle à Mehun-sur-Yèvre depuis 2004. « Cela fait un an que j’y pense. Je l’ai proposé à mes copines aux alentours et elles étaient toutes enthousiastes. Il y a bien des formations à Bourges ou à Orléans, mais c’est plus pratique de la faire à Mehun. »

Il fallait être au moins six pour que le formateur vienne à elles ; elles sont finalement dix à participer. Un succès. Les cours sont dispensés par Rémy Piat, dans le cadre de l’IFCAS (Institut de formation continue dans l’action sociale) d’Olivet.

« On bénéficie d’une formation de quarante heures, poursuit Yasmine Lefebvre. C’est important pour les assistantes maternelles de continuer à se former car, pour celles qui ont commencé le métier avant 2004, il n’y avait que soixante heures de formation obligatoires. »

« La difficulté, c’est de renoncer à la parole pendant  le cours »

Mais Yasmine Lefebvre n’a pas attendu les cours pour commencer à signer. «J’apprends toute seule depuis six mois avec des livres et des DVD, explique-t-elle. J’apprends aux enfants que je garde, et qui ne parlent pas encore, à dire « bonjour », « merci », « chocolat », « bon appétit »… Comme ils ne sont pas sourds, le mot vient avec le signe. Cela les aide à parler plus vite. Il faut que cela reste un jeu, mais ils adorent signer. Et les parents sont très demandeurs. J’ai un papa qui a chargé une application sur son portable, pour continuer à signer avec son fils à la maison. »

Que pensent ses collègues d’une telle initiative ? « Dans ma vie professionnelle ou personnelle, je peux être confrontée un jour à quelqu’un qui est sourd et muet, explique Isabelle, de Blet. C’est une formation qui m’ouvre l’esprit. La difficulté, c’est de renoncer à la parole pendant le cours. Apprendre la langue des signes, cela demande beaucoup de concentration. »

Diagnostiquée à 18 ans

Pour Yasmine Lefebvre, la langue des signes est aussi un challenge plus personnel. « À 18 ans, on m’a diagnostiqué une otospongiose : j’étais sourde à 95 % de l’oreille droite et à 98 % de l’oreille gauche. Personne n’avait rien perçu et moi, je lisais sur les lèvres. J’étais bonne élève quand j’étais au premier rang, cancre quand j’étais au fond de la classe. J’ai été opérée et ensuite, j’entendais mieux que la moyenne ! Mais je me dis que si j’avais connu la langue des signes enfant, j’aurais pu avoir le bac et d’autres opportunités dans la vie. »

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