Elle «signe» les paroles des chansons pour que les sourds puissent profiter des concerts. Plusieurs chanteurs font désormais appel à Laëtitia pour donner des tournées «bilingues».

Séduite par la beauté de notre région, la proximité de Toulouse et la richesse du tissu associatif local, Laëtitia Tual, 36 ans, a décidé de quitter Nantes pour s’installer à Rabastens cet été. Elle y travaille comme auxiliaire de vie et vient de terminer la formation au métier de coach de vie. Soucieuse en général du bien-être des personnes, Laëtitia a aussi un autre talent.

Issue d’une famille d’artistes, avec une maman musicienne et animatrice de danse, de chorale et de théâtre, un papa peintre et professeur d’études d’une école de graphisme et un grand-père qui sculptait les meubles fabriqués dans son entreprise de menuiserie, la jeune femme se souvient d’une lecture qui a bouleversé son adolescence.

«J’avais 15 ans lorsque j’ai lu le roman d’Emmanuelle Laborit, Le cri de la mouette. Il m’a sensibilisé à la culture sourde, et très vite, j’ai voulu apprendre la langue des signes. J’ai commencé à apprendre à signer avec une famille qui avait travaillé chez mon grand-père.»

Très vite, Laëtitia constate que ses amis sourds, bien qu’ils aiment le rythme de la musique et danser, n’ont pas accès aux paroles. «Les entendants chantonnent les chansons qu’ils aiment, pourquoi ne pas mettre le sens des mots en langue des signes sur les chansons sur lesquelles mes amis dansaient?»

Elle propose son projet dès 1999. Ce n’est qu’en 2007 que la jeune femme signera des chansons sur scène en live, au cours d’un vrai concert. Une dizaine d’autres artistes font appel à elle ensuite. «J’ai débuté en signant des chansons satiriques, l’auteur écrivait en s’inspirant de l’actualité, je n’avais alors que quelques jours pour traduire le texte, ça a été une bonne école. Ensuite, mes vidéos ayant commencé à tourner, j’ai eu moins de mal à convaincre les artistes de proposer un concert bilingue. Je tourne depuis 2015 avec un Radical MC, un rappeur. Je n’ai qu’un critère: il faut que les textes à traduire passent par mon cœur pour aller dans mes mains.»

Laëty Chansigne, son nom de scène, propose des ateliers de sensibilisation à la culture sourde et vient de créer son propre spectacle tout public. Seule sur scène, avec la bande son des chansons françaises qu’elle a sélectionné, elle chansigne Piaf et du rap, en passant par le reggae et la poésie.

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