Un prêtre au destin exceptionnel à (re)découvrir

0
Le père Louis de Bronac, sœur Antoinette de la congrégation des Sœurs de Saint-Gildas, et Valérie Théaud-Kaiser, de la famille de Gabriel Deshayes

La municipalité fête le 250e anniversaire de la naissance de Gabriel Deshayes, ce dimanche. Proche des déshérités, humaniste, il était pionnier dans l’enseignement aux sourds-muets.

Une rue de Beignon porte son nom. Mais combien savent qui était Gabriel Deshayes ?Pour se rappeler qui était ce prêtre au destin exceptionnel, une journée lui est consacrée, dimanche« J’invite tous les Beignonnais à découvrir ce qu’a réalisé un petit garçon né, ici, en 1767 dans une famille simple. Il est plus connu à Auray et en Vendée qu’à Beignon. Il n’aimait pas les honneurs », témoigne Valérie Théaud-Kaiser, descendante de Mathurine, sœur de Gabriel.

Une âme généreuse

D’une famille pieuse de quatre enfants, sa mère meurt quand il a six ans. Fils d’un laboureur-boucher, il passe ses quinze premières années à Beignon, où il sera berger, avant de partir au séminaire.« À la maison, il a appris à se soucier des pauvres », souligne sœur Antoinette, de la congrégation des sœurs de l’Instruction chrétienne, dites de Saint-Gildas, fondée par Gabriel Deshayes.

Le saint Vincent-de-Paul breton

Ordonné prêtre en mars 1792, à Jersey, alors que la France est dans la tourmente révolutionnaire, il choisit de débuter son ministère dans la clandestinité, puis revient en Bretagne.Surnommé le saint Vincent de Paul breton, missionnaire infatigable dans les campagnes, prédicateur, prêtre engagé, éducateur, il fonde l’école de Beignon en 1807.

Tissage à la prison

Nommé curé d’Auray, le pôle principal de son action avec Saint-Laurent-sur-Sèvres, en Vendée, il s’intéresse aux prisonniers. « Il va installer un atelier de tissage de chanvre. Une rémunération sera donnée aux ouvriers. C’était un homme intuitif. »

Enfants sourds et muets

Mais sa grande œuvre est l’éducation des enfants sourds-muets, qui ne fréquentent pas l’école.« C’est extraordinaire. Il rencontre deux gamines qu’on traitait d’idiotes, elles n’entendaient rien. Il a contacté, à Paris, l’abbé Sicard, successeur de l’abbé de l’Épée qui fonde en 1760 la toute première école pour malentendants. Celui-ci désigne une institutrice, Mlle Duler, qui s’installera à la Chartreuse d’Auray pendant sept ans », rapporte la sœur.

Les enfants apprendront le langage des signes. Des écoles seront créées à Orléans, Poitiers, Lille, Soissons.Son héritage a traversé les siècles puisque le centre Gabriel-Deshayes existe toujours à Auray, et dispose de 70 places réservés à des déficients auditifs…

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here